Pape Gueye, « l’enfant du 93 », héros de la finale de la CAN, vu par son formateur

Pape Gueye, c’est Philippe Lemaitre qui en parle le mieux. Le technicien, identifié comme « le coach du 93 » a été l’entraîneur du Sénégalais chez les jeunes, au Blanc-Mesnil et au lycée Nelson Mandela.

Avec Le Sénégal, c’est un peu du 93 qui a remporté la CAN. Plus particulièrement la cité verte du Blanc Mesnil, là où a grandi le seule buteur de la finale, d’une frappe surpuissante qui a transpercé Yassine Bounou. Le héros de Rabat est né à Montreuil il y aura 27 ans tout juste samedi prochain. C’est au Blanc-Mesnil SF que l’international sénégalais a commencé le football, avant de rejoindre Le Havre, à 13 ans et demi, pour connaitre la carrière qu’on lui connait : des débuts en Normandie, un passage contrasté à l’OM et un épanouissement à Villarreal, ou, depuis un an et demi, il a pris une autre dimension. 

Avant de partir au centre de formation du Havre, Pape Gueye a grandi et appris le foot dans le 93, au Blanc-Mesnil et au collège Nelson Mandela.

Philippe Lemaitre, qui a été un de ses entraîneur chez les jeunes, se souvient « d’un gamin toujours souriant, trimballé à tous les postes (notamment offensifs) et déjà très doué ».  C’est avec une immense fierté que celui qui a beaucoup bourlingué sur les bancs des équipes de jeunes de la région parisienne, aujourd’hui membre du comité technique du 93, a suivi la CAN de son ancien protégé, passé également par « la classe foot » du collège Nelson Mandela, de la 6ème à la 3ème. « L’avoir vu marquer 3 buts lors de ce tournoi ne m’a pas trop étonné », explique le technicien. « Quand il était jeune, on l’a fait jouer numéro 10, ailier, même avant-centre. Cette frappe, il l’a toujours eu »

Philippe Lemaitre n’est pas près d’oublier ce jeune joueur au physique longiligne, doté d’une très belle technique. « Parfois, il avait des côtés un peu nonchalant, alors je lui mettais des petites secousses… On le poussait au c.., mais il gardait tout le temps le sourire, il se marrait tout le temps ». 

Philippe Lemaitre : « Il n’oublie pas d’où il vient »

S’il est connu en France pour son passage à Marseille, Pape Gueye est surtout « un enfant du 93 » aiment souligner ceux qui le côtoient. « Il n’oublie pas d’où il vient », commente Lemaitre. « Il revient souvent ici. Pour la finale, il avait invité des amis à lui, des « petits » qu’on a eu aussi au club. C’est toujours un plaisir de se revoir, autant pour lui que pour nous ».

Pour celui qui a encadré ses premiers pas dans le monde du foot, Pepe Gueye « a le niveau pour s’imposer dans un grand club ». Le joueur formé au Havre aurait d’ailleurs pu être un des leaders de l’OM, mais, en dehors de Jean-Louis Gasset, on n’a pas assez cru en lui dans le sud de la France. « Jean-Louis, lui, savait. Quand il est arrivé, il a insisté pour faire sortir Pape du placard (ou il avait été placé en raison de son refus de prolonger, ndlr). Il a dit à Longoria : « si vous voulez un OM performant, j’ai besoin de lui ». Pape Gueye a terminé la saison comme titulaire indiscutable dans l’équipe de Gasset, sans pouvoir toutefois jouer en Ligue Europa, car non inscrit sur la liste.  Avant de partir libre à Villarreal en fin de saison et de devenir un des plus grands regrets de l’OM. 

« Il a une résilience, une force de caractère qui ont fait de lui, le joueur qu’il est actuellement », commente Philippe Lemaitre, en faisant allusion à son transfert annulé à Watford, son changement d’agent (« qu’il avait depuis qu’il était tout jeune »), ou son passage à l’OM, au moment de négocier une prolongation de contrat qui n’arrivera jamais. Il y a 14 ans, Pape Gueye quittait le 93 pour Le Havre, mais une partie de lui y est restée.

1 réflexion au sujet de « Pape Gueye, « l’enfant du 93 », héros de la finale de la CAN, vu par son formateur »

  1. J’ai adoré le duel avec Hakimi sur le but en finale, du genre « allez pousse toi de là mon gars » il a bouffé tout cru, une bonne tronche, élégance, puissance et technique sans parler de son abattage défensif, joueur de classe mondiale.
    Rabah.

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