Mardi, l’entraînement terminé, six joueurs sont restés sur les pelouses de Clairefontaine : Eduardo Camavinga, Désiré Doué, Jérémy Jacquet, Adrien Truffert, Luca Da Cunha et Estéban Lepaul. Tous sont passés par Rennes, à des époques différentes. Pendant que le reste du groupe rentrait au château, ce « gang des Rennais » s’est lancé dans un jeu simple : garder le ballon en l’air le plus longtemps possible.
Camavinga, coéquipier de Kilian Mbappé au Real Madrid, fêtera ses 24 ans en novembre, et est le plus ancien et le plus expérimenté de la bande. Il ne jouait pourtant pas les meneurs. Il profitait du moment autant que les nouveaux venus. Pour lui aussi, ce rassemblement avait des airs de première fois, au même titre que pour Jacquet, Da Cunha et Lepaul.
Camavinga, la déception de la Coupe du monde
Le milieu de terrain revient de loin. Présent dans la dernière liste de l’équipe de France en mars, il se voyait disputer la Coupe du monde. Son absence parmi les vingt-six sélectionnés a été difficile à accepter. Sa présence dans la liste des vingt-trois de Zinédine Zidane, à la mi-septembre, n’allait pas de soi.
La suite n’a guère été plus simple. Sa préparation avec le Real Madrid s’est déroulée sur fond de rumeurs de départ. Le club ne voulait plus de lui, José Mourinho avait déjà trouvé son remplaçant, un club de moindre standing lui offrirait davantage de temps de jeu : tout cela circulait, et une partie était fondée. Son premier match amical, contre la Fiorentina (2-2, le 1er août), a encore renforcé la presse espagnole dans l’idée qu’il n’avait plus sa place à Madrid.
Au Real Madrid, un statut encore fragile malgré Mourinho
L’été s’est pourtant terminé sur une note plus favorable. Remplaçant lors des deux premières journées de Liga, Camavinga n’a disputé que vingt-quatre minutes. Il a ensuite été titulaire lors des deux rencontres suivantes, avant de retrouver le banc au retour d’Aurélien Tchouaméni dans le groupe.
Le soir de sa première titularisation, face à Malaga (4-0, le 30 août), Mourinho a tenu à le saluer : « Aujourd’hui, un joueur qui n’est pas très populaire a réalisé un match fantastique : Camavinga. » Le Français a le profil pour devenir l’un des « soldats du Mou », ces joueurs de l’ombre dont l’entraîneur portugais sait tirer le meilleur.
Zinédine Zidane, à l’origine de sa venue à Madrid
Camavinga entame sa sixième saison au Real Madrid. Il y a débuté sous les ordres de Carlo Ancelotti, à l’été 2021, mais c’est Zidane, entraîneur madrilène la saison précédente, qui avait poussé pour son arrivée. En mars 2021, alors que le milieu évoluait encore à Rennes, le technicien le disait déjà « promis à un bel avenir ».
Depuis, le parcours du Français en Espagne a alterné les sommets, avec deux Ligues des champions remportées en 2022 et 2024, et les périodes agitées. Installé à Madrid, le nouveau sélectionneur a pu suivre ces hauts et ces bas de près.
Face à la Belgique, Camavinga doit encore convaincre
Le staff des Bleus a longuement réfléchi avant de le convoquer, inquiet de son faible temps de jeu en club. Il apprécie néanmoins le joueur et juge que son profil et son expérience peuvent servir l’équipe de France. En Turquie, Camavinga a ainsi fêté sa trentième sélection, avec vingt minutes disputées en fin de match, un scénario proche de celui qu’il connaît au Real.
Reste à savoir s’il deviendra aussi l’un des soldats de Zidane. En sélection comme à Madrid, il lui faudra en montrer davantage pour s’imposer et, un jour, devenir incontournable.