Que devient Patrick Battiston ?

04/11/2026

Après son licenciement des Girondins, Patrick Battiston s’est éloigné du Haillan. Son témoignage de 2025 éclaire sa vie après la formation bordelaise.

Depuis l’extérieur, Patrick Battiston suivait encore la reconstruction des Girondins de Bordeaux dans son dernier entretien consacré à sa nouvelle vie. Pendant l’été 2024, l’ancien international français de football avait recherché des joueurs pour aider le club. Il avait consacré sa seconde carrière à un centre de formation où 37 adolescents vivaient à l’internat au moment de sa fermeture.

A LIRE AUSSI
Akliouche, l’erreur de casting du PSG

Un quotidien loin du Haillan

Patrick Battiston a quitté le quotidien des Girondins. Dans un entretien publié le 5 novembre 2025, un an après son licenciement, l’ancien directeur du centre de formation, chargé de préparer les jeunes au football professionnel, assurait aller bien et ne pas ressentir de manque. Il expliquait être peu retourné au Haillan, le site d’entraînement bordelais.

Il indiquait également ne pas avoir assisté aux rencontres au stade, malgré les invitations de la direction. Battiston décrivait sa première année après le départ par son éloignement des lieux où il avait longtemps retrouvé éducateurs et joueurs. Il pouvait désormais organiser ses journées sans revenir sur les terrains où il avait exercé pendant des années.

Âgé de 69 ans, l’ancien défenseur avait quitté les Girondins le 5 novembre 2024, avec plus de 80 autres salariés concernés par le plan social. Les dirigeants avaient renoncé au statut professionnel, qui encadre notamment l’emploi des joueurs professionnels, et fermé le centre. Battiston cessait ainsi le travail auquel il s’était consacré après sa carrière de joueur, terminée en 1991.

Dans cet entretien, il témoignait donc d’une séparation imposée par son employeur. Il ne formulait aucune annonce officielle de retraite. En assurant ne pas ressentir de manque, il décrivait la manière dont il avait vécu les premiers mois suivant le licenciement, sans expliquer précisément ses occupations ni annoncer un projet professionnel.

Pour décrire sa vie après Bordeaux, il faut conserver cette borne temporelle. En novembre 2025, Battiston pouvait parler de sa première année hors du club ; il ne détaillait pas son quotidien d’octobre 2026. Son témoignage renseigne surtout son rapport à l’ancienne activité : il fréquentait rarement ses lieux de travail et disait vivre sans manque cette nouvelle étape.

Il avait auparavant exercé un métier auprès de joueurs dont il suivait régulièrement les progrès. Après son licenciement, il n’avait plus à retrouver ces jeunes chaque jour ni à travailler avec leurs éducateurs. Pour autant, il avait continué à aider les Girondins dans les semaines qui avaient précédé son départ, alors que les dirigeants cherchaient un effectif.

Des joueurs dans l’urgence

Les Girondins ont confirmé leur renoncement au maintien du statut professionnel le 25 juillet 2024. Cinq jours plus tard, le tribunal de commerce de Bordeaux les plaçait en redressement judiciaire, une procédure destinée à poursuivre l’activité sous contrôle judiciaire. Les dirigeants devaient trouver des joueurs après avoir annoncé la fermeture du centre.

« On nous disait que tout était géré, mais on n’avait pas de réponses sur la reprise, les instances freinaient », expliquait Battiston dans son entretien de novembre 2025. Il évoquait les incertitudes précédant ces décisions, puis résumait la disparition des derniers espoirs : « C’est brutal. »

Avec les éducateurs et Erwan Lannuzel, entraîneur de la réserve, l’équipe préparant notamment des jeunes à rejoindre le groupe professionnel, Battiston avait contribué aux recherches. « J’ai glissé des noms de garçons passés au centre, intéressants et prêts à revenir », racontait-il. Il mobilisait sa connaissance de leurs parcours pour identifier ceux qui pourraient rejoindre Bordeaux.

Selon son récit, il avait encore reçu, le dimanche 18 août 2024 à 23 h 45, un courriel demandant des noms sous 48 heures. Il décrivait ainsi les délais imposés aux salariés pour trouver des solutions. Battiston utilisait encore son expérience de formateur après la fermeture de la structure dans laquelle il l’avait acquise.

Il avait donc poursuivi son engagement pendant cet été, avec les autres membres de l’équipe éducative. En sollicitant les anciens pensionnaires, il travaillait à partir de relations entretenues au fil des saisons. Quelques mois plus tard, il quittait à son tour les Girondins.

La formation, du terrain à l’internat

Battiston avait accompagné des jeunes qui préparaient leur avenir sportif et poursuivaient leur scolarité. En septembre 2021, il dirigeait un centre accueillant une cinquantaine de joueurs. Avec les éducateurs, il travaillait auprès d’adolescents qui devaient progresser sur les terrains tout en poursuivant leurs études.

Lors de la fermeture, entre 50 et 60 joueurs détenaient un contrat aspirant ou stagiaire, deux statuts de formation précédant le contrat professionnel. Parmi eux, 37 vivaient à l’internat. Les familles devaient rechercher un autre club et, pour certains adolescents, un lycée et un hébergement.

Une mère interrogée à l’été 2024 évoquait les démarches pour son fils, qui devait passer le baccalauréat. Elle dénonçait le manque d’informations de la direction, tout en soulignant le sérieux et la bienveillance du personnel de formation. Battiston travaillait avec cette équipe, auprès de jeunes dont les familles cherchaient désormais une solution.

Le défenseur Jules Koundé avait suivi le parcours bordelais. En mars 2018, Battiston commentait son éclosion alors qu’il dirigeait le centre et entraînait la réserve. Il intervenait auprès de cette génération avec les autres éducateurs, dans un accompagnement collectif.

Dans un entretien accordé en avril 2010, Battiston insistait sur la philosophie de jeu, l’apprentissage de la victoire et le travail structuré. Il défendait un suivi dans la durée. Après son licenciement, il cessait cette activité auprès de joueurs qu’il accompagnait sur plusieurs saisons.

Avec Bordeaux, depuis l’extérieur

Battiston continuait pourtant à envisager l’avenir du club. « Si le club remonte cette saison, peut-être que des choses vont pouvoir se remettre en place », espérait l’ancien directeur dans son entretien de novembre 2025. « Je ne suis pas à l’intérieur de l’équipe, mais j’ai l’impression qu’il y a eu une bascule », précisait-il.

Il parlait en observateur après une carrière bordelaise commencée comme joueur en 1983, interrompue par deux saisons à Monaco, puis prolongée dans la formation. Il associait les Girondins à la discrétion, au travail et au respect du maillot. Il conservait ainsi un intérêt pour les résultats bordelais, tout en précisant sa position extérieure au fonctionnement sportif.

Dans le même entretien, Battiston citait Aimé Jacquet, ancien entraîneur des Girondins, et Bernard Lacombe, ancien attaquant bordelais, pour ses efforts au service de l’équipe même lorsqu’il ne marquait pas. Il formulait son exigence ainsi : « On doit servir les Girondins, pas se servir des Girondins. »

Image placeholder

Gabriel Robert anime la rubrique Les notes du match de QuatreTroisTrois depuis 2022, aux côtés de Thomas Lefebvre. Ancien journaliste du magazine Le Foot, il suit la Ligue 1, la Ligue 2, la Liga et la Ligue des champions, au stade comme devant son écran. À l’issue de chaque rencontre, il attribue aux joueurs une note de 1 à 10. Passionné de longue date, il est, selon la formule de la rédaction, marié avec le football. Pour le joindre : redaction@quatretroistrois.fr.

Laisser un commentaire