Robert Pirès poursuit sa carrière autrement : télévision, représentation des clubs et solidarité. À Metz, il invite les jeunes à préparer l’après-football.
Installé à Ibiza, selon ses déclarations, Robert Pirès adapte son planning pour rencontrer les jeunes du FC Metz. À 52 ans, il les invite à préparer leur avenir au-delà des terrains. Il préside également le comité de solidarité lancé en mars 2025 par le syndicat des joueurs professionnels, qui accompagne notamment des projets de reconversion.
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Du terrain aux responsabilités
Robert Pirès travaille toujours dans le football. Plus de dix ans après sa retraite officielle, l’ancien international français commente des rencontres, représente des clubs et conseille des joueurs. Le 6 octobre 2026, il a retrouvé la pelouse de Saint-Symphorien pour son jubilé, une rencontre organisée en son honneur. Devant environ 28 000 spectateurs, il a réuni d’anciens partenaires et ses fils dans le stade où il avait commencé sa carrière professionnelle.
Sous le maillot du FC Metz, Pirès a marqué face à Jens Lehmann, son ancien gardien à Arsenal, le club londonien où il a joué pendant six saisons. Ses anciens partenaires Thierry Henry, Franck Ribéry, Samuel Eto’o et Marcel Desailly ont participé à la soirée. Les entraîneurs Joël Muller, Arsène Wenger et Aimé Jacquet ont donné le coup d’envoi symbolique. Les organisateurs avaient réuni trois équipes : les anciens de Metz, ceux d’Arsenal et une formation baptisée Pirès All Stars.
Pirès a également partagé le terrain avec ses enfants. Théo, 18 ans, l’a remplacé ; Alessio, 15 ans, a pris la place de Thierry Henry. Avant la rencontre, il avait expliqué attendre de pouvoir jouer avec eux. À quelques semaines de son anniversaire, le 29 octobre, l’ancien milieu offensif, un joueur chargé de créer les occasions d’attaque, avait encore 52 ans au moment de ces retrouvailles.
Avec Metz et Arsenal, il entretient désormais des relations professionnelles fondées sur d’autres responsabilités. Les dirigeants messins lui ont confié une mission officielle en juin. Pour Arsenal, il poursuit, selon ses déclarations récentes, des activités d’ambassadeur, une fonction de représentation du club. Il cite également ses engagements auprès de l’UEFA, l’Union des associations européennes de football, qui organise notamment les compétitions européennes entre clubs.
« J’étais plutôt pas mal occupé ces dernières années avec mes missions à Canal+, et celles d’ambassadeur d’Arsenal et de l’UEFA », explique-t-il pour justifier le délai avant son jubilé. Il évoque ces engagements tout en indiquant avoir quelque peu ralenti son rythme. Comme consultant pour la chaîne, il apporte son analyse des rencontres ; comme ambassadeur, il intervient au nom des organisations qu’il représente.
À ces activités, Pirès a ajouté la présidence du comité de solidarité de l’Union nationale des footballeurs professionnels, l’UNFP, le syndicat des joueurs. Il participe aux décisions d’un groupe chargé de soutenir des professionnels confrontés à des difficultés et d’accompagner certains projets de formation. À Metz, il rencontre aussi les jeunes qui cherchent à entrer dans le métier et entend leur parler des choix qui les attendent.
Il intervient ainsi auprès de joueurs à différents moments de leur parcours. Avec les jeunes, il revient sur les décisions qui ont orienté sa carrière. Au comité de solidarité, il examine avec d’autres professionnels les demandes d’accompagnement. Il passe du conseil sur un transfert, le passage d’un joueur d’un club à un autre, à l’étude d’une aide pour préparer une nouvelle activité.
Pirès a lui-même quitté les terrains avant d’officialiser sa retraite, le 25 février 2016. Il n’avait alors plus joué depuis plus d’un an. Sa dernière expérience l’avait conduit au FC Goa, en Inde, à la fin de 2014. Avec la télévision et la représentation des clubs, il a conservé des liens professionnels avec le football, puis élargi ses engagements à l’accompagnement des joueurs.
À Metz, les dirigeants lui ont donné un cadre pour rencontrer la génération suivante. Pirès y revient avec l’expérience d’un ancien joueur passé ensuite par Marseille et Arsenal. Dans ses échanges avec les jeunes, il entend raconter les étapes qui ont précédé ses succès, les sollicitations qu’il a reçues et les raisons pour lesquelles il a parfois choisi d’attendre.
À Metz, une place auprès des jeunes
Le FC Metz a nommé Robert Pirès « Grand Ambassadeur du Club » le 10 juin 2026. Les dirigeants prévoient des interventions auprès de l’Académie et du centre de formation, les structures qui préparent les jeunes au football professionnel. Ils annoncent aussi des rencontres avec les supporters, une participation aux initiatives solidaires et un rôle de représentation auprès des partenaires et des invités.
« C’est moi qui ai fait la demande, mais le président a répondu à mon appel. On s’est rencontrés, on a bien discuté. J’essaye de trouver des solutions pour mon club de coeur », raconte Pirès. Il explique avoir sollicité Bernard Serin, le président du FC Metz, avant sa nomination. Le club a ensuite officialisé son retour et défini ses missions.
Pirès dit suivre l’équipe première, celle qui dispute le championnat professionnel, et les jeunes, puis échanger avec Bernard Serin lorsqu’il prend place auprès de lui au stade. « J’essaye de lui apporter une vision, une expertise », précise-t-il. Il décrit un travail de conseil, tandis que les dirigeants lui attribuent officiellement des fonctions de représentation et d’accompagnement.
Pour venir, il organise ses déplacements depuis les Baléares. « Je vis à Ibiza, donc ce n’est pas toujours facile de le suivre au quotidien, mais j’adapte mon planning pour le faire », explique-t-il. Il ajoute chercher à regarder autant que possible les professionnels et les jeunes. Il décrit une présence ajustée à ses autres engagements, sans fixer de fréquence à ses interventions.
À Metz, Pirès retrouve un environnement auquel il attribue une part de sa progression. Il cite notamment l’éducateur Francis De Taddeo, venu le chercher à Reims, et Philippe Hinschberger, qui l’a positionné à gauche alors qu’il était droitier. Il a rejoint le club en 1992 et l’a quitté pour Marseille en 1998.
En revenant sur ces éducateurs, il explique aussi ce qu’il a reçu pendant sa formation : des conseils, une place sur le terrain et du temps pour progresser. Il peut désormais raconter cette période à des jeunes confrontés à leurs premiers choix professionnels. Les dirigeants lui confient des occasions de les rencontrer ; Pirès précise les sujets qu’il souhaite aborder avec eux.
Il parle notamment du moment où un joueur envisage de quitter son club formateur, celui qui l’a préparé au métier. À cette étape, il invite les jeunes à examiner les perspectives sportives du départ. Pour expliquer ce conseil, il revient sur les possibilités qu’il affirme avoir lui-même écartées avant de rejoindre Marseille.
Le temps de jeu avant le départ
Robert Pirès donne la priorité aux matchs qu’un jeune pourra disputer. « J’ai été approché par la Juventus ou Benfica avant d’aller à l’OM en 1998. Je savais que c’était trop tôt. À Metz, je savais que j’allais jouer. C’est ce qu’un joueur doit faire », témoigne-t-il. Il cite les sollicitations de la Juventus de Turin et de Benfica Lisbonne pour expliquer comment il évaluait alors les possibilités de départ.
À Metz, il connaissait sa place et pouvait accumuler les rencontres. Il affirme avoir jugé prématurées les approches des deux clubs étrangers. Avec les jeunes, il reprend ce raisonnement : avant de choisir une destination, examiner les possibilités de jouer et de poursuivre sa progression. Il s’appuie sur une décision personnelle pour rendre ce conseil concret.
Après Metz, il a rejoint Marseille en 1998, puis Arsenal en 2000. Avec le club londonien, il a remporté deux championnats d’Angleterre et trois FA Cups, la Coupe d’Angleterre. Avant ces titres, il avait joué plusieurs saisons dans le championnat français. Lorsqu’il raconte son parcours, il peut ainsi montrer les étapes qui l’ont conduit du centre de formation au football international.
Il veut également engager les jeunes à réfléchir à ce qu’ils feront après leur carrière. « Mon rôle, c’est aussi d’être proche des jeunes du centre de formation, de leur raconter un peu mon parcours, les difficultés qu’ils vont rencontrer. Et qu’ils pensent déjà à l’après-football. Ça, c’est hyper important », insiste-t-il. Il souhaite commencer cette discussion alors qu’ils préparent encore leur entrée dans le métier.
Pirès souligne que tous ne bénéficieront pas de sa longévité sur les terrains. Il les invite donc à considérer les activités qu’ils pourront exercer après leur dernier contrat. Il aborde avec eux deux décisions à des échéances différentes : choisir où poursuivre leur progression et préparer une autre vie professionnelle. Pour la seconde, certains joueurs auront aussi besoin d’un soutien financier.
À l’UNFP, Pirès participe à l’examen de ces besoins. Il peut rencontrer des demandes de formation, mais aussi les difficultés de professionnels confrontés à la précarité ou à un accident de la vie. Il intervient alors avec d’autres joueurs au sein d’un comité chargé de décider des aides.
Avec l’UNFP, trois domaines d’aide
L’UNFP a lancé son comité de solidarité le 24 mars 2025 et en a confié la présidence à Robert Pirès. Le syndicat a défini trois domaines d’intervention : le soutien social, la formation et les projets d’intérêt général. Pirès poursuit cette responsabilité auprès des joueurs et joueuses qui sollicitent un accompagnement.
Les membres peuvent soutenir des joueurs et des joueuses confrontés à la précarité ou à des accidents de la vie. Ils examinent également des projets de reconversion, pour apprendre un nouveau métier, et des initiatives associatives. Pirès explique travailler avec les services du syndicat, qui interviennent dans l’accompagnement social et professionnel.
Pour financer une formation, les bénéficiaires doivent aussi mobiliser les aides auxquelles ils ont accès. « Il ne s’agira pas de couvrir l’intégralité des sommes nécessaires, mais de venir compléter les différentes aides au financement pour apporter le petit plus qui rendra accessible la formation souhaitée », précise le président du comité. Les membres cherchent ainsi à financer ce qui manque pour rendre un projet réalisable.
Au lancement, l’UNFP a annoncé une enveloppe annuelle de 500 000 euros. Pirès évoquait encore cette somme en juillet 2025, tout en estimant qu’elle serait insuffisante face aux besoins. Il parlait du budget dont le comité pouvait décider l’utilisation. Le syndicat avait annoncé cette dotation pour les trois domaines d’intervention, sans la réserver à la seule reconversion.
Pirès prend les décisions avec les autres membres. À la création du comité, huit joueurs et joueuses l’entouraient, parmi lesquels les internationales Eugénie Le Sommer et Amandine Henry, ainsi que les anciens internationaux Olivier Dacourt et Bafétimbi Gomis. Ils apportent leur expérience du métier lors de l’examen des demandes, en lien avec les équipes du syndicat.
Le président décrit une discussion collective sur l’emploi de l’enveloppe. Les membres choisissent les interventions, tandis que les services de l’UNFP apportent leur connaissance des démarches et des dispositifs. Pour une formation, ils peuvent examiner les financements déjà mobilisés avant de décider d’un complément. Pirès participe à cette appréciation avec les autres joueurs engagés dans le comité.
Avec eux, il passe du conseil à la décision sur une aide. À Metz, il souhaite engager tôt la réflexion sur l’avenir professionnel ; au syndicat, il examine des demandes de personnes qui doivent déjà avancer dans leur projet. Il peut ainsi prolonger son discours sur l’après-carrière par une intervention collective, avec un budget et des critères d’accompagnement.
Il a accepté cette responsabilité à la demande de David Terrier, le président de l’UNFP. « Ne pas oublier les autres, les aider quand on voit que, malheureusement, les joueurs et joueuses sont en difficulté, c’est une formidable opportunité pour moi et un moyen de vivre autrement ma passion intacte pour le football », expliquait-il lors du lancement du comité.
Arsenal et Canal+, des attaches durables
Pirès conserve parallèlement ses engagements auprès d’Arsenal et de Canal+. Pour le club londonien comme pour les téléspectateurs, il peut mobiliser six saisons passées dans le championnat anglais. Entre 2000 et 2006, il a disputé 284 rencontres et inscrit 84 buts sous le maillot d’Arsenal.
Avec ses partenaires, il a remporté le championnat en 2002 et en 2004. Les joueurs de cette dernière équipe ont reçu le surnom d’« Invincibles » après avoir terminé la saison de championnat sans défaite. Pirès représente aujourd’hui, selon ses déclarations, le club avec lequel il a obtenu ces titres. Il analyse également le championnat où il les a remportés.
Au début de sa reconversion, il avait envisagé d’autres responsabilités à Arsenal. En novembre 2016, il avait exprimé son souhait de devenir directeur sportif, un poste qui supervise notamment la politique de recrutement. En décembre 2017, il évoquait son envie de travailler auprès d’Arsène Wenger. En mai 2018, il exprimait encore son intérêt pour une collaboration avec le futur entraîneur du club.
Pirès formulait alors des projets pour prolonger sa présence à Londres. Aujourd’hui, il emploie le terme d’ambassadeur pour décrire son activité auprès d’Arsenal. À la télévision, il poursuit son travail de consultant, avec une connaissance du championnat anglais qu’il partage aussi dans ses prises de parole publiques.
En août 2026, à l’occasion de la nouvelle saison, il défendait ainsi l’attractivité de la Premier League, la première division anglaise. Il évoquait la concurrence entre les clubs et leur puissance financière. Ancien joueur d’Arsenal, Pirès reprenait alors la parole pour analyser le championnat que les téléspectateurs s’apprêtaient à suivre.