Salaire, primes, contrat jusqu’en 2031 : ce que gagnerait Mika Godts au PSG, selon les estimations disponibles, alors que Kvaratskhelia est blessé.
Tout s’est joué mardi 20 octobre. Lors de la victoire du Paris Saint-Germain contre le FC Barcelone (4-2) en Ligue des champions, l’ailier géorgien Khvicha Kvaratskhelia a quitté la pelouse à la 59e minute, le genou droit tordu. Le lendemain, le club a annoncé dans un communiqué médical une rupture du ligament croisé antérieur (l’un des ligaments qui stabilisent le genou) et une opération dans les prochains jours. Pour le suppléer sur le côté gauche, Luis Enrique, l’entraîneur parisien, a trois options selon L’Équipe du 22 octobre : le milieu offensif Maghnes Akliouche, le latéral portugais Nuno Mendes et Mika Godts, recruté en août à l’Ajax, le grand club d’Amsterdam, précisément pour servir de doublure au Géorgien.
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Le Belge entre donc dans la lumière avec une question qui le suit depuis sa signature : combien le PSG le paie-t-il ? Le club ne l’a jamais dit. Trois sites spécialisés ont publié une estimation, et leurs chiffres se recoupent assez pour dessiner un ordre de grandeur.
Le montant le plus repris en France est attribué à Sportune, site consacré à l’économie du sport, et n’a été confirmé ni par le club ni par le joueur : environ 550 000 euros bruts par mois, hors primes, soit 6,6 millions d’euros par an. Le site SalaryLeaks, qui recense les rémunérations des grands clubs européens, retient le même fixe annuel dans sa mise à jour de la mi-septembre. Capology, base de données spécialisée dans les salaires du football, situe le Belge plus haut : 7,27 millions d’euros bruts fixes par an, soit environ 606 000 euros par mois. Foot Mercato, site d’information sur le football qui tient une base des salaires du championnat de France, laisse la case vide.
Deux sources sur trois, Sportune et SalaryLeaks, aboutissent ainsi à 6,6 millions d’euros, et Capology ajoute 10 % à ce montant. Le lecteur qui cherche un ordre de grandeur peut se fier davantage au bas de cette fourchette, à condition de garder en tête qu’aucun document du PSG ne l’atteste. Sur cette base, Godts toucherait environ 18 000 euros bruts par jour, dimanches et jours de repos compris.
Une offre salariale, aucun montant publié
« Mika a reçu une proposition salariale et a donné son accord de principe », confiait début août Niels De Jonck, l’agent du joueur, au quotidien néerlandais De Telegraaf, dans des propos relayés par la NOS, la radiotélévision publique des Pays-Bas. L’agent a confirmé l’existence d’une offre. Il n’en a jamais donné le montant.
Le PSG, de son côté, ne publie pas les rémunérations de ses joueurs. Le 15 août au soir, son annonce du transfert ne comportait aucun élément financier, a relevé l’agence Associated Press.
Les instances du football français ne lèvent pas davantage le secret. La Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), l’organisme chargé de surveiller les comptes des clubs, ne rend publiques que des données agrégées. Son rapport d’avril 2026, consacré à la saison 2024-2025, évalue la masse salariale du PSG, c’est-à-dire le total des salaires qu’il verse, à 535 millions d’euros, plus de trois fois celle de l’Olympique lyonnais (155 millions) ou de l’Olympique de Marseille (154 millions). Aucun nom de joueur n’y figure, si bien que les montants individuels qui circulent proviennent tous de la presse ou de bases de données privées.
Reste à éprouver ces bases. Capology prête à Désiré Doué, l’ailier français du PSG, le même salaire qu’à Godts : 7,27 millions d’euros par an. Or L’Équipe, dans son classement publié le 1er avril, évaluait la rémunération de Doué à 500 000 euros bruts mensuels, soit 6 millions par an. Sur ce joueur, Capology dépasse donc de 21 % le chiffre du quotidien sportif. Si la base surestime Godts dans la même proportion, son salaire réel avoisinerait 6 millions d’euros, sous l’estimation de Sportune. Un seul cas ne suffit pas à l’établir.
Eurosport livre un dernier indice, sans chiffre : selon le média sportif, le salaire consenti au Belge serait inférieur à celui que réclamait l’entourage de Yan Diomandé, la première cible du club cet été.
Douze fois le salaire d’Amsterdam
Avant Paris, Godts gagnait 48 000 euros par mois à l’Ajax, soit 576 000 euros par an, selon les bases de données de Foot Mercato et du site de statistiques AiScore, que le club néerlandais n’a jamais confirmées. Il avait signé ce contrat en novembre 2024, pour une durée courant jusqu’au 30 juin 2029.
Entre Amsterdam et Paris, Godts a ainsi vu son salaire fixe multiplié par 11,5 à 12,6, selon l’estimation retenue. L’employeur explique l’essentiel du saut : en août, le Belge sortait de la meilleure saison de sa carrière, avec 17 buts en championnat des Pays-Bas, et rejoignait un club dont la masse salariale dépasse le demi-milliard d’euros.
Dans la grille parisienne, à hauteur de Barcola
Ce demi-milliard se répartit de façon très inégale, et L’Équipe en publie chaque année le détail pour la Ligue 1. Dans son classement du 1er avril 2026, établi avant le mercato d’été (la période des transferts), Ousmane Dembélé, Ballon d’or 2025, occupe la tête avec 1,5 million d’euros bruts par mois. Suivent notamment Khvicha Kvaratskhelia et le milieu portugais João Neves, à 900 000 euros chacun, puis l’ailier français Bradley Barcola à 550 000 euros, Désiré Doué et le gardien Lucas Chevalier à 500 000 euros.
Avec l’estimation basse, Godts toucherait exactement le salaire de Barcola ; avec celle de Capology, un peu plus. L’international français a quitté Paris le 31 août pour Liverpool, contre un peu plus de 140 millions d’euros bonus compris selon L’Équipe, la plus grosse vente de l’histoire du club. Recruté deux semaines plus tôt, alors que Barcola poussait pour partir, le Belge a récupéré son enveloppe salariale, ou presque.
Les proportions disent le reste. Godts gagnerait de 37 % à 40 % du salaire de Dembélé, et de 61 % à 67 % de celui de Kvaratskhelia, le titulaire dont il est la doublure. Dans la hiérarchie du vestiaire, il occupe la place d’un titulaire en devenir.
Primes et durée, jusqu’à 10,9 millions par an
Le fixe ne raconte qu’une partie de l’histoire. Les contrats de footballeurs prévoient des primes, liées aux matchs joués, aux buts ou aux titres, et ni le PSG ni Godts n’en ont rendu publiques les clauses : SalaryLeaks les évalue à environ 3 millions d’euros par an, Capology à 3,64 millions. Cette seconde base porte ainsi la rémunération brute totale possible du Belge à 10,9 millions d’euros annuels.
Godts est engagé jusqu’au 30 juin 2031. Sur ces cinq saisons, son seul salaire fixe représenterait entre 33 millions et 36,4 millions d’euros bruts. Pour l’acheter, le PSG a versé à l’Ajax une indemnité de transfert (la somme due au club vendeur) de 45 millions d’euros, à laquelle peuvent s’ajouter 10 millions de bonus, des versements conditionnés à des objectifs ; le club néerlandais a confirmé un montant maximal de 55 millions. Les salaires fixes du joueur atteindraient donc 60 % à 66 % de l’indemnité maximale.
Une partie de ces bonus dus à l’Ajax se déclencherait au nombre de matchs disputés par Godts à Paris, avance le site néerlandais Soccernews.nl, sans confirmation des clubs. Si l’information se vérifie, Amsterdam a autant intérêt que le joueur à le voir sur la pelouse.
203 minutes en deux mois
Sur la pelouse, Godts a pourtant peu paru : six matchs de Ligue 1 depuis son arrivée, pour 176 minutes, sans but et avec une passe décisive (la dernière passe avant un but), d’après les données d’Opta, fournisseur de statistiques sportives. Toutes compétitions confondues, Foot Mercato recense sept apparitions et 203 minutes, moins d’une demi-heure par rencontre.
Luis Enrique l’a titularisé pour la première fois le 10 octobre contre Le Mans (3-1), avant de le remplacer à l’heure de jeu par Kvaratskhelia, buteur peu après. L’Équipe lui a attribué la note de 4 sur 10. « Franchement décevant », a tranché Le Parisien, qui lui a donné 3, la note la plus basse de l’équipe, et a compté seize ballons perdus. Depuis, Godts n’a plus joué une minute : il est resté sur le banc à Manchester City (2-4) le 14 octobre, à Strasbourg (1-3) le 17, puis face au FC Barcelone le 20.
Ce même joueur est titulaire en sélection. Mark van Bommel, le sélectionneur néerlandais de la Belgique nommé en juillet, l’a aligné d’entrée lors de trois des quatre matchs de Ligue des nations (une compétition entre sélections européennes) de septembre et d’octobre, et Godts a ouvert le score en Italie (0-2), le 25 septembre à Rome.
À Paris, le compteur tourne plus vite que le chronomètre. Si l’on retient l’estimation basse, le PSG lui a versé un peu plus de 1,2 million d’euros bruts depuis le 15 août, soit environ 6 000 euros par minute jouée.
L’absence de Kvaratskhelia rebat ces comptes. Selon Foot Mercato, Godts est, avec le jeune Quentin Ndjantou, le seul ailier gauche de métier de l’effectif, même si Luis Enrique peut aussi décaler Désiré Doué sur ce flanc. Maxifoot, reprenant L’Équipe, évoque par ailleurs un renfort possible lors du mercato d’hiver. Chaque titularisation pèsera désormais sur deux comptes : les primes éventuelles du joueur et les bonus promis à l’Ajax.
Le PSG reçoit l’Olympique lyonnais dimanche 25 octobre, à 20 h 45, au Parc des Princes, pour son premier match sans Kvaratskhelia.