En 2024, Côme recrutait Nico Paz au Real Madrid en lui versant 300 000 euros nets par an, selon le site économique Calcio e Finanza. Deux saisons plus tard, le club lombard a déboursé environ 60 millions d’euros pour racheter au Real la totalité des droits du milieu argentin, et sa rémunération a été multipliée par plus de treize. Faute de chiffre communiqué par le club, plusieurs montants circulent, dont certains datent de son premier contrat.
Environ 4 millions d’euros nets par saison
Mercredi 21 octobre, au stade Giuseppe-Sinigaglia, Nico Paz a marqué deux buts et offert le troisième au Grec Tasos Douvikas. Côme a battu Manchester United (4-1) lors de la troisième journée de la phase de ligue, le premier tour de la Ligue des champions. L’UEFA, l’instance qui organise la compétition, a désigné l’Argentin de 22 ans joueur du match. Le lendemain, le quotidien romain Il Messaggero lui attribuait un salaire d’environ 1,2 million d’euros nets par an, pour un contrat courant jusqu’au 30 juin 2028. Ce montant correspond au premier contrat du joueur, signé deux ans plus tôt.
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Le site spécialisé Capology, qui estime la rémunération des footballeurs à partir des comptes des clubs et des publications de l’UEFA, attribue à Nico Paz un salaire fixe de 7,41 millions d’euros bruts pour la saison 2026-2027, soit environ 4 millions nets. S’y ajoutent des primes pouvant atteindre 1,85 million d’euros, selon la même base. Ramenée à la semaine, la somme atteint 142 500 euros bruts. Ramenée au mois, environ 617 500 euros.
Ce chiffre a d’abord circulé dans les tableaux de salaires de la presse italienne. Le site Virgilio Sport l’a publié le 18 septembre. TuttoMercatoWeb, site de référence sur le marché des transferts en Italie, l’a repris le 28 septembre dans sa revue des salaires de Serie A, en plaçant Nico Paz en tête des joueurs de Côme : « Personne ne sera surpris de voir Nico Paz en haut de la liste des mieux payés », écrivait le journaliste Dimitri Conti.
Une seconde source, de nature différente, aboutit au même montant. Le 26 juin, le site FCInterNews citait Gianluca Di Marzio, journaliste spécialiste du marché des transferts à Sky Sport Italia. Selon lui, Nico Paz avait signé dès octobre un nouveau contrat de 4 millions d’euros par an avec Côme. Capology calcule à partir de comptes publiés. Gianluca Di Marzio tient ses informations des clubs et des agents. Leurs deux méthodes convergent vers 4 millions nets, un montant que ni le club ni l’entourage du joueur n’ont confirmé.
Cette revalorisation n’a pas déplacé l’échéance de juin 2028, que Football Italia, site anglophone consacré au football italien, rappelait encore le 22 octobre. Côme a relevé le salaire de son numéro 10, le meneur de jeu de l’équipe, sans allonger son engagement.
Ce salaire place Nico Paz au premier rang de l’effectif lombard. D’après Capology, le Français Maxence Caqueret et l’Anglais Trevoh Chalobah suivent avec 6,67 millions d’euros bruts chacun. L’attaquant italien Moise Kean, recrue phare de l’été, arrive ensuite avec 6,41 millions. Deux ans après avoir débarqué au bord du lac comme un espoir du Real en quête de temps de jeu, Nico Paz coûte plus cher au club que tous ses partenaires.
L’ancien contrat, source du chiffre d’un million
Le montant publié par Il Messaggero date de l’arrivée du joueur. Le 25 août 2024, Côme, tout juste promu en Serie A, recrutait Nico Paz au Real Madrid pour 6 millions d’euros. Calcio e Finanza évaluait alors son salaire à 300 000 euros nets, soit 560 000 euros bruts, pour la saison 2024-2025. Le club versait ainsi près du double de ce que le joueur percevait.
Les estimations suivantes ont relevé ce niveau sans en changer l’ordre de grandeur. Capology retient 930 000 euros bruts de fixe pour les saisons 2024-2025 et 2025-2026, avec 190 000 euros de primes. Le site SalaryLeaks compte le même fixe, mais 279 000 euros de primes. Avec les primes, l’ancien contrat atteint donc entre 1,1 et 1,2 million d’euros bruts.
Ce total a fait son chemin dans la presse. En juin, Sportmediaset, le site sportif du groupe Mediaset, attribuait au joueur 1,2 million d’euros par an, et jugeait probable une renégociation « à des chiffres supérieurs ». Quatre mois plus tard, Il Messaggero reprend le même montant en le qualifiant de net.
Le rapport observé en 2024 écarte cette lecture. Avec un coût proche du double du net, un salaire de 1,2 million nets coûterait au club environ 2,2 millions bruts. Aucune base de données ne retient ce montant. Le « million » qui circule correspond au total brut, primes comprises, du premier contrat.
Les chiffres disponibles se classent ainsi par fiabilité décroissante. Le club n’a publié aucun montant officiel. Capology et Gianluca Di Marzio, deux sources indépendantes, convergent vers 4 millions nets. Les reprises de l’ancien total brut viennent en dernier.
Octobre 2025 ou saison 2026-2027 ?
Reste la date d’effet de la hausse. Gianluca Di Marzio situe la signature du nouveau contrat en octobre 2025. Capology maintient pourtant le fixe à 930 000 euros bruts pour toute la saison 2025-2026 et ne fait apparaître l’augmentation qu’à partir de juillet 2026.
D’autres indices vont dans le sens de Capology. En mars 2026, le site argentin Bolavip, citant la Gazzetta dello Sport et le Corriere dello Sport, situait encore le salaire de Nico Paz sous le million d’euros. Le 8 septembre, Calcio e Finanza publiait sa propre estimation des cinquante joueurs les mieux payés de Serie A pour la saison en cours. Nico Paz n’y figure pas. Avec 4 millions nets, il se placerait pourtant au niveau de l’Italien Federico Dimarco, à l’Inter, ou de son compatriote Manuel Locatelli, à la Juventus.
Les deux versions se concilient si l’augmentation, signée à l’automne 2025, ne s’est appliquée qu’à la saison suivante. Les agents du joueur et le club n’ont pas précisé ce calendrier.
Du brut au net, le cas Kean
Ce rapport de près de deux pour un se retrouve en 2026 : 7,41 millions bruts donnent 4 millions nets, soit un coefficient de 1,85, contre 1,87 à l’arrivée du joueur. Ces deux coefficients correspondent à l’imposition ordinaire en Italie.
Le droit fiscal italien explique cette stabilité. Le décret législatif 209/2023, entré en vigueur le 29 décembre 2023, a abrogé l’ancien régime dit des « impatriati », que le Decreto Crescita de 2019 avait étendu aux sportifs professionnels venus de l’étranger. Ce régime allégeait fortement l’impôt sur le revenu. Seuls les sportifs ayant signé leur contrat avant le 31 décembre 2023 en conservent le bénéfice. L’Agence des impôts italienne a confirmé que ce maintien vaut même après un changement de club, selon le cabinet Grant Thornton. Arrivé en août 2024, Nico Paz relève de l’imposition ordinaire.
Moise Kean montre l’effet de cette ligne de partage. Selon TuttoMercatoWeb, l’attaquant italien bénéficie encore de l’ancien régime. Son salaire de 6,41 millions bruts lui rapporte 5 millions nets, un montant que Calcio e Finanza retient aussi. Kean perçoit ainsi 1 million de plus que Nico Paz chaque saison, alors que Côme verse 1 million de moins pour lui. Le premier rang de l’Argentin dans l’effectif se mesure donc à la dépense du club.
Loin des 9 millions de Lautaro Martinez
Comparé aux plus gros salaires du championnat, le montant reste modeste. Calcio e Finanza attribue 9 millions d’euros nets à Lautaro Martinez, capitaine argentin de l’Inter Milan et joueur le mieux payé de Serie A, soit 16,65 millions bruts. Nico Paz touche moins de la moitié de son compatriote, alors que sa rémunération nette a été multipliée par plus de treize depuis 2024.
Ce salaire pèse en revanche lourd dans les comptes de Côme. Capology évalue la masse salariale du club à 75,5 millions d’euros bruts pour 2026-2027, au sixième rang de Serie A. Nico Paz en représente à lui seul près de 10 %. Calcio e Finanza, avec sa propre méthode, estime cette masse salariale à 62,45 millions et place Côme au neuvième rang. Dans les deux cas, le club, qui jouait encore en Serie B en 2023-2024, rivalise désormais avec la Lazio et l’Atalanta Bergame pour les dépenses salariales.
60 millions d’euros pour garder son numéro 10
Cette dépense a suivi la cote du joueur sur le marché des transferts. En août 2025, Tottenham avait offert 65 millions d’euros, plus 10 millions de bonus, selon Sky Sport. Côme a refusé après avoir consulté ses propriétaires, la famille indonésienne Hartono, et le Real Madrid. Le Real s’était réservé, lors de la vente de 2024, une option de rachat à prix fixe et la moitié du produit d’une éventuelle revente. Le 30 juin 2025, le club madrilène avait renoncé à exercer cette option, alors fixée à 8 millions, selon Gianluca Di Marzio.
En octobre 2025, deux mois après le refus de l’offre anglaise, Nico Paz signait son nouveau contrat, selon le journaliste de Sky. Cette proximité de dates suggère un salaire destiné à retenir le joueur. Ni le club ni le joueur ne l’ont présenté ainsi.
La saison suivante a donné raison à cet effort. En mai 2026, la Lega Serie A, l’organisme qui gère le championnat, a élu Nico Paz meilleur milieu de terrain de la saison, sur la base des données Hawk-Eye, un système de caméras qui suit les déplacements des joueurs, analysées par la société Kama Sport. Il avait déjà été désigné meilleur joueur de moins de 23 ans de l’exercice précédent. L’Argentin a marqué douze buts en championnat, et Côme, quatrième, s’est qualifié lors de la dernière journée pour la première Ligue des champions de son histoire.
Le Real a alors repris la main. Le 25 juin 2026, le club madrilène a exercé son option de rachat à 9 millions d’euros, selon Eurosport Italia et la majorité des médias. Côme a ensuite racheté la totalité des droits du joueur pour environ 60 millions, un montant rapporté de façon concordante par la presse mais absent des communiqués officiels. La Gazzetta dello Sport, citée par TuttoMercatoWeb, précise que le paiement s’étale sur quatre ans. Selon l’hebdomadaire Panorama, il s’agit de l’achat le plus cher de l’histoire du club.
Le directeur sportif de Côme, Carlalberto Ludi, a attribué l’issue au choix du joueur : « Je pense qu’elle a été déterminante. Nous devons remercier avant tout la volonté de Nico, mais aussi la capacité et l’inspiration de Cesc Fabregas, qui représente un élément stratégique pour des talents de ce niveau, et puis la vision et la volonté du président », a-t-il déclaré le 29 juin à Rimini, en marge de l’ouverture du marché des transferts. Rapportés au nouveau salaire, les 60 millions versés au Real équivalent à environ huit années de fixe brut.
La clause de l’été 2027
L’avenir de ce salaire se joue dans un an. Le 29 juin, le Real Madrid et Côme ont publié un communiqué commun : « Cet accord, conclu à la demande du joueur lui-même, prévoit également que le Real Madrid conserve une option unilatérale de rachat des droits fédératifs de Nico Paz pour la saison 2027-2028. » Les droits fédératifs désignent l’enregistrement du joueur auprès des instances, qui détermine le club pour lequel il peut jouer. Le texte ne mentionne aucun montant.
Sportmediaset et Tuttosport chiffrent cette option à 80 millions d’euros, activable uniquement à l’été 2027. Si le Real ne l’exerce pas, le joueur reste définitivement à Côme. Le club madrilène conserverait toutefois un droit de préemption, qui lui permettrait de s’aligner sur toute offre d’un autre club, selon Tuttosport.
Une revalorisation à 4 millions nets alourdit aussi la facture d’un éventuel retour. Pour rapatrier son ancien joueur, le Real devrait verser 80 millions d’euros à Côme et lui offrir un contrat au moins équivalent à celui qu’il perçoit en Lombardie.
Côme, de son côté, n’a pas encore prolongé le contrat. Fin juin, le journaliste espagnol Rubén Cañizares, du quotidien ABC, évoquait un engagement de cinq saisons en cours de finalisation. Quatre mois plus tard, l’échéance reste fixée au 30 juin 2028, un an après la fenêtre de la clause madrilène.