Née dans le 93, d’un père algérien et d’une mère marocaine, Lina Chabane vient de s’engager avec l’OGC Nice (D2 féminine). Retour sur son parcours atypique.
L’histoire de Lina Chabane (de son nom complet Lina Scheherazade Chabane) mérite d’être racontée. Née aux Lilas, en région parisienne, le 14 avril 1997, d’un père algérien et d’une mère marocaine, Lina va découvrir le monde grâce à ses talents de footballeuse. Après avoir joué au Mans , au Tremblay FC où elle connaitra le bonheur d’une montée en D2, et à Brest, elle part d’abord en Italie (à l’Apulia Trani en Serie B), avant de réaliser son rêve : voyager en Australie pour porter les couleurs du Sydney FC. « C’était mon rêve de découvrir ce pays incroyable, j’ai pu le faire grâce à mon métier », explique-t-elle aujourd’hui, des étoiles dans les yeux.
Un terrible accident qui menace sa carrière
De retour en région parisienne, là où tout a commencé, Lina rejoint le RC Saint-Denis, alors en D2. Puis en février 2021, après un passage à Montauban, elle découvre le plus haut niveau, en signant FC Fleury 91. Lina a 23 ans et se rapproche des sommets. 6 matchs disputés avec le club de D1 comme titulaire et un bel avenir devant elle. Puis c’est la tuile. L’énorme tuile. En septembre 2021, Lina Chabane est victime d’un accident de voiture, elle subit plusieurs traumatismes, notamment à l’épaule, et une rupture totale du ligament croisé interne, ce qui lui vaudra six mois d’absence avant de retrouver les terrains de football. « J’ai décidé de me battre, de ne rien lâcher » raconte la Francilienne. Remise sur pied, elle rejoint le GPSO 92 Issy 92, où elle joue en souffrant et en courant après son meilleur niveau. « J’ai tout fait pour jouer, pour aider le club, mais c’était difficile ».
Son retour en forme commencera surtout la saison suivante, au RC Saint-Denis, en D3. Repartie presque de zéro, Lina s’engage lors de l’été 2024, avec l’AS Monaco, qui évolue en D3 et dont le projet est ambitieux. La première saison, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Capitaine de son équipe, l’insatiable milieu de terrain dispute toutes les rencontres et guide l’ASM vers la 7ème place. Mais ensuite, tout se gâte. L’ASM, en proie à des problèmes internes, n’est plus en mesure de respecter ses promesses. Au bout de quelques moins, Lina décide de quitter le club et de chercher un nouveau challenge.
Retour vers les sommets à Nice
Le RC Saint-Denis lui fait les yeux doux, l’envie de venir aider le club du 93 ne lui manque pas, mais l’OGC Nice, qui évolue en D2, lui fait une proposition qu’elle ne peut pas refuser. Le niveau sportif, le cadre de vie, le climat… Lina retrouve les meilleures conditions pour s’épanouir complètement. « 10ème de son championnat, Nice a déjà l’ambition de se maintenir, j’espère pouvoir les aider dans cet objectif », commente celle qui peut être fière de rebondir chez les Aiglons. « C’est clair qu’ici, tout est réuni, c’est un challenge passionnant que je relève avec beaucoup de plaisir ».
Un challenge qui peut de nouveau lui ouvrir les portes de l’équipe d’Algérie, dont elle a déjà porté le maillot à 5 reprise. La première fois, c’était à l’âge de 19 ans, la dernière, en 2021, juste avant son accident de voiture. En sélection aussi, son parcours est atypique. Entre 2016 et 2021, Lina a aussi porté le maillot du Maroc à 2 reprises. Sans nouvelles de l’Algérie, elle a cédé aux avances de la sélection marocaine à l’appel de Reynald Pédros. Un stage et deux apparitions, sans lendemain, avant d’être rappelé pour jouer la Coupe Arabe avec l’Algérie lors de l’été 2021 (en Egypte). Après une pause de près de 5 ans, elle se donne aujourd’hui le droit de reprendre ses rêves en cours de route.
