Biathlon : combien gagne Fabien Claude ?

07/11/2026

Fabien Claude a remporté l’or en relais aux JO 2026 et pointe 16e mondial en biathlon. Prime olympique, prize money, sponsoring : que sait-on vraiment de ses revenus ?

Un titre olympique ne dit rien de ce que son détenteur gagne. En biathlon, les revenus sont une mosaïque de primes publiques, de contrats privés et d’aides fédérales dont peu de pièces sont visibles. Pour un athlète de l’élite française, la frontière entre notoriété et stabilité financière est moins évidente qu’un podium ne le laisse croire. Ce que l’on sait du cas Fabien Claude est déjà instructif – et ce que l’on ignore l’est davantage encore.

Boucle de pénalité, bras levés quand même

À Anterselva, le 17 février 2026, Fabien Claude prend le dossard en premier sur le relais masculin de biathlon. Il tire, manque, tourne sur l’anneau de pénalité – la boucle de 150 mètres que les règles imposent à tout athlète ayant raté une cible. Il passe le témoin à Émilien Jacquelin en 13e position. Puis il attend.

Jacquelin reconstruit. Quentin Fillon Maillet tient. Éric Perrot franchit la ligne en premier. La France est championne olympique. Fabien Claude lève les bras, comme ses trois coéquipiers. La médaille est la même pour les quatre.

Il a déclaré ce soir-là : « Cette médaille avec les gars, ça va être le truc marquant de ces Jeux. Individuellement, je n’ai pas du tout été au niveau. »

Une phrase, deux registres. Ce décrochage – entre la gloire collective et la performance personnelle – traverse l’ensemble de la carrière de Fabien Claude. Et, plus discrètement, l’ensemble de ses finances.

De Basse-sur-le-Rupt au top 10 mondial

Fabien Claude est né le 22 décembre 1994 à Épinal. Il a grandi à Basse-sur-le-Rupt, dans les Vosges, à quelques kilomètres des pistes où ses deux frères Florent et Émilien ont également appris à skier et tirer. Tous trois ont porté le dossard tricolore aux JO 2026 de Milan-Cortina – une première dans l’histoire du biathlon français.

Sa première victoire en Coupe du monde date de la saison 2018-2019 : sprint et poursuite à Lenzerheide, en Suisse. Il avait 24 ans. Ce résultat le place d’emblée parmi les dix meilleurs biathlètes mondiaux pour cette saison-là.

La progression est réelle, mais non linéaire. En 2022, à Pékin, il décroche une médaille d’argent sur le relais masculin. En 2023, il termine 10e du classement général de la Coupe du monde – sa meilleure saison individuelle documentée. En 2024, il recule à la 18e place. En 2025-2026, il finit 16e, avec 537 points au compteur.

Cette trajectoire en dents de scie a une traduction directe : en biathlon, les résultats individuels déterminent les revenus. Les années de recul sportif sont aussi des années de recul financier.

80 000 € d’État, le reste est opaque

La prime olympique de Fabien Claude pour sa médaille d’or à Milan-Cortina est publique : 80 000 € brut, versée par le ministère des Sports, alignée sur le barème établi lors de Paris 2024. Elle est soumise à l’impôt sur le revenu, avec possibilité d’étalement sur quatre ans.

C’est la seule composante de ses revenus 2025-2026 que l’on connaît avec certitude.

Le prize money versé par l’Union internationale de biathlon (IBU) – l’instance mondiale qui gère la Coupe du monde – dépend des résultats de course. La grille 2025-2026 prévoit 20 000 € pour une victoire, soit 5 000 € de plus que la saison précédente, et 250 € pour une 30e place, dernier rang primé. À la 16e place du classement général, Fabien Claude n’a touché aucune prime de classement – seuls les dix premiers en bénéficient. L’IBU ne publie pas le détail des gains par athlète au-delà des cinq ou six premiers de la saison. Fabien Claude n’y figure pas.

Son contrat d’équipementier avec Rossignol – le fabricant de skis savoyard – est actif depuis juin 2020, après sept ans passés chez le concurrent Fischer. En juin 2023, il a déclaré à Sportune : « Le matériel, c’est au moins 30% de notre performance. » La valeur annuelle du partenariat reste inconnue. Aucune source ne mentionne d’autres contrats de sponsoring à son nom.

130 000 € en 2023 : sa meilleure saison chiffrée

La seule donnée annuelle de prize money IBU confirmée pour Fabien Claude date de la saison 2022-2023 : 130 975 €, pour une 10e place au classement général. C’est cette année-là que ses revenus de course atteignent leur pic documenté.

Cette saison-là, Johannes Boe (Norvège), premier du classement, a perçu 493 000 € de l’IBU. Émilien Jacquelin, 9e, en a touché 139 000 €. L’écart entre le sommet et le milieu du tableau est net : le prize money IBU est très concentré sur le top 10, et marginal au-delà.

En 2024-2025, Fabien Claude a terminé 12e. Les cinq premiers gains masculins de la saison sont connus : Sturla Laegreid en tête avec 350 925 €, Éric Perrot troisième avec 218 800 €, Émilien Jacquelin cinquième avec 132 375 €. Fabien Claude ne figure pas dans cette liste.

Sa progression sportive entre 2019 et 2023 s’est traduite par une hausse de prize money. Son recul individuel depuis 2024 a eu l’effet inverse – et la prime olympique de 80 000 € ne compense qu’en partie ce que la Coupe du monde ne lui a pas versé.

Le biathlète, entre les primes et le vide

En France, un biathlète professionnel de l’équipe nationale ne perçoit pas de salaire fixe : ses revenus se composent de primes de résultats versées par l’IBU, d’un soutien fédéral encadré par la convention sportif de haut niveau (SHN) – un dispositif d’accompagnement financier géré par l’Agence nationale du sport – et de contrats privés avec des équipementiers.

L’ANS verse des aides personnalisées aux sportifs dont les revenus sportifs annuels restent sous 40 000 € brut. Au vu de sa prime olympique de 80 000 € sur la saison 2025-2026, Fabien Claude dépasse vraisemblablement ce seuil – mais ce point n’est pas confirmé dans les sources disponibles.

La grille IBU 2025-2026 distribue 20 000 € pour une victoire et 250 € pour une 30e place, dernier rang primé. Pour un athlète classé de la 12e à la 18e place mondiale, les gains de course individuels restent dans une fourchette que l’IBU ne rend pas publique par athlète.

En novembre 2024, avant le lancement de la saison, Fabien Claude a déclaré à L’Équipe : « Il me tarde de performer en individuel. » Ses résultats aux JO 2026 – 41e au sprint, 24e à la poursuite, 17e à l’individuel 20 km, 27e à la mass-start – indiquent qu’il n’y est pas parvenu. Et que les lignes financières correspondantes sont restées minces.

Groupe élite 2026-2027 : la saison qui suit

Le 3 mai 2026, la Fédération française de ski a publié la composition des groupes d’entraînement pour la saison 2026-2027. Fabien Claude figure dans le groupe élite masculin, aux côtés de Quentin Fillon Maillet, Émilien Jacquelin, Éric Perrot et Fabien Lombardot. Son maintien au plus haut niveau est acté.

Ses résultats individuels aux JO 2026 sont au dossier : 41e au sprint, 24e à la poursuite, 17e à l’individuel 20 km, 27e à la mass-start, champion olympique du relais. À Oslo, fin mars 2026, lors de la dernière course de la saison, il a terminé 8e de la mass-start avec 18 tirs sur 20 réussis – son meilleur résultat individuel de tout le mois de février et de mars.

Pour la saison 2026-2027, l’IBU a déjà confirmé une nouvelle hausse du prize money par rapport à la saison 2025-2026. Ce que Fabien Claude gagnera dépendra, comme toujours, de l’endroit où ses balles vont tomber.

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Depuis 2024, Léa Seguet couvre pour QuatreTroisTrois le sport au-delà du football : tennis, basket, rugby, cyclisme, natation et MMA. Journaliste, elle a auparavant écrit pour Rugby Magazine, France Basket et Cyclisme Magazine. Elle suit sur place les grands événements de ces disciplines. Pour la joindre : redaction@quatretroistrois.fr.

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