À 25 ans, Santiago Giménez dispute son premier Mondial après une thrombose à 17 ans, un transfert à 35 M€ et une saison milanaise gâchée par une cheville opérée.
À 17 ans, les médecins ne lui garantissaient pas de rejouer. Il a pourtant disputé son premier Mondial devant son public et sort d’une saison italienne où sa blessure a brouillé sa montée en puissance. Entre ces deux moments, l’attaquant mexicain est passé de Cruz Azul au Feyenoord puis à l’AC Milan, avec un transfert à 35 millions d’euros et un salaire estimé à plus de deux millions d’euros nets par an. L’histoire du Bebote n’est pas celle d’une ligne droite, mais celle d’un joueur qui a dû arracher le droit de continuer avant de négocier le prix de son ascension.
Un bras gonflé, et tout s’arrête
C’est en 2018, à Cruz Azul, que Santiago Giménez voit son corps se dérober pour la première fois. Le jeune attaquant, alors âgé de 17 ans, remarque un gonflement anormal du bras pendant une période où il gravite autour du haut niveau au club mexicain. Le diagnostic tombe ensuite : une thrombose veineuse, liée à une opération antérieure de la clavicule, l’écarte des terrains pendant environ six mois et l’oblige à subir plusieurs interventions chirurgicales.
Des années plus tard, il a raconté cette séquence comme un arrêt brutal de sa trajectoire sportive : « J’attendais mon avenir », a-t-il déclaré en revenant sur cette période. En janvier 2019, il est baptisé dans la foi catholique, et ce tournant biographique reste visible dans sa célébration, marquée par des doigts levés vers le ciel après ses buts. Le fait précède le récit : avant les salaires européens et les stades pleins, il y a ce risque réel de ne jamais revenir.
Né à Buenos Aires, formé à Mexico
Santiago Giménez naît à Buenos Aires le 18 avril 2001. Son père, Christian « Chaco » Giménez, est un milieu offensif argentin qui a remporté deux Copa Libertadores, la Ligue des champions sud-américaine, avec Boca Juniors en 2000 et 2001, avant de faire l’essentiel de sa carrière au Mexique, notamment à Cruz Azul. La famille s’installe au Mexique lorsque Santiago est encore enfant, et c’est dans cet environnement qu’il grandit puis choisit la sélection mexicaine.
Sa mère a des origines italiennes et ukrainiennes, et cette donnée familiale a eu une conséquence sportive concrète lorsqu’il a rejoint l’AC Milan : son passeport italien lui permettait d’être enregistré sans contrainte de quota pour les joueurs non européens. Les clubs de Serie A sont soumis à des quotas sur les effectifs hors Union européenne ; être titulaire d’un passeport européen supprime cette contrainte et simplifie la négociation contractuelle.
Un autre fait marque ses débuts : lors de sa première apparition professionnelle en Copa MX, la coupe nationale mexicaine, il joue aux côtés de son père sous le maillot de Cruz Azul. Christian « Chaco » Giménez est encore en activité. Deux générations sur le même terrain, dans le même club. La filiation est réelle, mais le parcours du fils prend une autre direction dès 2022, quand le marché européen s’ouvre à lui.
16 000 euros par an
Au moment de quitter Cruz Azul, Giménez n’est pas encore une vedette internationale, mais un jeune avant-centre qui a déjà cumulé une vingtaine de buts en près de quatre-vingt-dix matches de Liga MX. Son salaire annuel dans cette période se situait autour de 16 000 euros, soit un revenu sans commune mesure avec ceux qu’il touchera ensuite en Europe. Ce point de départ compte, parce qu’il donne sa vraie mesure à la progression financière qui suit.
En juillet 2022, Feyenoord paie 6 millions d’euros pour le recruter. Cruz Azul conserve alors 10% de ses droits sur une future revente, une clause qui se révélera très rentable quand l’attaquant sera transféré en Italie. Aux Pays-Bas, les estimations de rémunération varient selon les saisons, mais elles le situent déjà entre environ 1,2 et 1,8 million d’euros par an à Feyenoord. En trois ans, le rapport entre son revenu mexicain et son revenu européen change d’échelle.
Record de Suárez, hat-trick contre l’Ajax
La première saison néerlandaise, en 2022-2023, l’installe progressivement dans le onze de Feyenoord. Il termine l’exercice avec une quinzaine de buts en Eredivisie, et le club de Rotterdam remporte le titre de champion des Pays-Bas pour la première fois depuis six ans. Ce socle prépare la bascule de 2023.
Sur l’année civile 2023, Giménez inscrit 31 buts en Eredivisie, ce qui lui vaut d’être désigné meilleur joueur de l’année dans le championnat néerlandais. Il marque aussi les esprits dans le Klassieker, le derby entre Feyenoord et l’Ajax, avec un hat-trick qui le fait entrer dans l’histoire du club. En compétitions européennes, sa période de Rotterdam se distingue également : son total sur l’ensemble du passage à Feyenoord atteint environ 65 buts et 14 passes décisives en 105 matches toutes compétitions confondues, avec un titre de champion, une Coupe des Pays-Bas et une Supercoupe.
Les estimations de valeur marchande montent alors fortement. Certaines plateformes spécialisées le projettent autour de 50 millions d’euros fin 2023, avant un reflux ultérieur lié aux blessures et au changement de contexte sportif. Ces chiffres ne sont pas des montants officiels, mais ils disent la place prise par le joueur sur le marché européen à ce moment précis.
35 millions d’euros et un numéro 7
Le transfert à l’AC Milan se conclut au début de février 2025. Le club italien officialise la signature de l’attaquant mexicain le 2 février et précise qu’il s’engage jusqu’au 30 juin 2029. Le montant exact varie selon les médias, mais plusieurs sources convergent vers une transaction autour de 35 millions d’euros, avec des bonus éventuels. Cruz Azul récupère alors environ 3,5 millions d’euros grâce à la clause de 10% négociée en 2022.
Sur le plan salarial, la presse spécialisée évoque une rémunération comprise entre 2,2 et 2,5 millions d’euros nets par an. Son contrat fait de lui l’un des joueurs mexicains les mieux rémunérés d’Europe, et il hérite du numéro 7 à Milan. L’Olympique de Marseille suivait aussi le dossier avant son arrivée en Lombardie, mais l’attaquant a privilégié la Serie A et un club de premier plan européen. À sa présentation, il résume son choix dans une formule directe : « Dieu a voulu que je vienne ici », a-t-il déclaré.
Une cheville, une saison brouillée, un Mondial à tenir
La phase milanaise change de ton à l’automne 2025. Les bases de données de blessures recensent une lésion à la cheville à partir de la fin octobre, suivie d’une opération en décembre et d’une indisponibilité jusqu’en mars 2026, pour un total d’environ quatre mois et demi d’absence. Son retour intervient au printemps 2026, après une longue rééducation, alors que la Coupe du monde approche.
Au micro d’un diffuseur italien, il explique la décision de se faire opérer : « J’avais très mal (…) Après réflexion avec ma famille, j’ai pris la décision de m’opérer. Je n’étais pas à 100% et je n’aime pas ça. » Les données récentes disponibles montrent une saison 2025-2026 très pauvre en production offensive en Serie A : zéro but, une passe décisive et moins de mille minutes de jeu en championnat. Pour un attaquant transféré pour environ 35 millions d’euros, l’écart entre l’investissement initial et le rendement immédiat est net.