Didier Santini, au bonheur de Rodez

Entre Didier Santini et Rodez, l’alchimie est parfaite. L’ancien joueur de l’OM, Bastia, Lille et Toulouse fait des miracles dans l’Aveyron à la tête d’une équipe remaniée chaque saison pour faire face aux exigences économiques.

Avec 7,7 M€ pour la saison, Rodez a le troisième plus petit budget de Ligue 2, après Boulogne ( 5,5 M€) et Pau (7 M€). Mais ce n’est pas le seul handicap du club de l’Aveyron. Chaque année, au mois de juillet, le RAF repart de zéro. Le 9 août dernier, lors de la première journée (0-0 contre Nancy), seuls 3 joueurs alignés par Didier Santini avaient aussi débuté le dernier match de 2024/2025 (Lipinski, Galves et Trouillet). Les autres étaient, soit des remplaçants promus, soit des recrues. Beaucoup sans quasiment aucune expérience en Ligue 2. Début septembre, lors du succès Aveyronnais au Mans (1-0), 11 des 16 joueurs utilisés par l’entraîneur ruthénois n’étaient pas au club la saison précédente, dont 8 titulaires. 

Chaque été Rodez repart de zéro

Entre les joueurs prêtés, ceux qui ont pu rapporter quelques centaines de milliers d’euros et ceux qui, en fin de contrat, ont trouvé des meilleurs opportunités ailleurs, une douzaine de joueurs régulièrement utilisés par Santini ont été voir ailleurs. Et la saison 2025/2026 n’est pas une exception. Chaque été, c’est la même chose. C’est une question de survie pour le président Murat qui maitrise parfaitement la situation. « On s’y prépare tout au long de la saison », explique celui qui s’est tourné vers Didier Santini pour remplacer l’emblématique Laurent Peyrelade, lors de l’automne 2022.

L’ancien joueur de l’OM (son club formateur) et surtout de Bastia (avant Lille, Toulouse et une expérience en Ecosse) a fait mieux que répondre aux attentes. Après avoir obtenu le maintien au terme de sa première saison (mal embarquée) sur le banc, en terminant 14ème, Santini a permis aux Ruthénois de disputer les barrages d’accession à la Ligue 1 (4ème en 2024), puis de se maintenir sans trembler la saison suivante (14ème, 6 points devant le barragiste).

Une mentalité exemplaire

A chaque fois avec des équipes totalement remaniées pendant l’été.  La force du coach : ne pas regarder en arrière et toujours aller de l’avant. « Il faut te dire que tu vas pouvoir t’appuyer sur d’autres joueurs, ça ne sert à rien de passer son temps à dire, « si j’avais encore lui, et lui… », on fait avec ce qu’on a, en se disant qu’on va aider les joueurs à grandir ».

Avec cette mentalité, voilà Rodez 8ème au lendemain de sa victoire contre Montpellier et son budget 4 fois supérieur (1-0). Le 10ème match de suite sans défaite pour le club de l’Aveyron. De quoi se mettre à rêver des barrages d’accession, pour la deuxième fois en trois saisons. 

Rodez parviendra-t-il à le garder encore longtemps ?

De quoi aussi attirer les regards sur un homme qui n’avait jamais entraîné en Ligue 2 avant de s’installer sur le banc du RAF. Alors que plusieurs clubs lui ont déjà tourné autour, le coach ruthénois  est toujours resté lucide. « Il faut savoir pour quoi on part. L’argent ne fait pas tout », expliquait-il après l’exploit de la saison 2023/2024. « J’ai vécu tellement de choses, tellement d’émotions ».  

Lors de cet été 2024, Didier Santini n’a rien voulu savoir. « Je n’ai jamais été ouvert à un départ. Ça ne m’intéressait pas d’écouter des propositions, ni même d’être averti. Quand on voulait m’en parler, je répondais que ce n’était pas mon problème ». Deux ans plus tard, les courtisans pourraient revenir à la charge. La passion, les émotions, un climat de travail lui permettant de s’épanouir pleinement suffiront-ils encore à le retenir ?

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