L’Olympique Lyonnais vit les feux brûlants de l’été comme une canicule qui n’arrive pas à s’évaporer. En quelques jours, l’OL est passé de la relégation de la Ligue 2 au retrait de Textor sous pression de ses actionnaires. Lyon va profiter de cette nouvelle période pour repartir sur une nouvelle feuille dont le club pourrait en sortir grand gagnant.
Après l’orage et le numéro d’équilibriste du propriétaire américain depuis le Brésil, ça y est, l’OL n’a plus John Textor à sa tête depuis samedi soir. Alors que le Groupama Stadium a accueilli hier après-midi à Décines les groupes de supporters pour une manifestation contre la gestion de l’Américain, Ares a bien repris la main en coulisse en demandant la mise en retrait de l’Américain, en « l’exfiltrant » par la petite porte.
En ce 29 juin, les supporters de l’OL se réveillent avec l’objectif de tourner la page d’une semaine noire et qui devrait annoncer des jours plus heureux. Bien que la notification de la DNCG n’est toujours pas parvenue dans la boite aux lettres des Gones.
Cependant, Ares, comme la nouvelle direction lyonnaise va profiter de la restructuration financière engagée par Textor pour s’appuyer sur une politique qui puisse désormais rapporter de l’argent. Car, si Textor est désormais loin de l’OL, il faut lui reconnaitre d’avoir hérité d’un modèle très dépensier et pas adapté au club.
Plan de départs, masse salariale réduite, les prémisses de l’austérité américaine
Lorsqu’il reprend le club, John Textor dépense pas moins de 800 millions d’euros pour reprendre le septuple champion de France. il faut détailler que dans les 800 millions d’euros, il y a le PGE et les deux crédits du stade et de la salle, la LDLC Arena.
Pour autant, la nouvelle gouvernance lyonnaise se rend bien compte que le modèle rouge et bleu pose des problèmes structurels et financiers. En premier lieu, un nombre de salariés très élevé du fait, de la gestion à la fois du club, du stade et de la LDLC Arena. Toutefois, au prorata de son chiffre d’affaires, Lyon était dans un mécanisme dangereux. Il faut voir le PSG avec 700 salariés pour 800 millions d’euros de C.A. L’OL ne peut pas se permettre d’avoir pour 250 millions d’euros, près de 600 salariés dans son modèle.
Un hic de comparaison qui permet également de mentionner que l’OL emploie dans son modèle de nombreux apprentis dont la pérennité n’est pas garantie. John Textor a décidé de rationaliser cette donnée en mettant en oeuvre un plan de départ de 100 personnes. Que Laurent Prudhomme a mis en place bien malgré lui et par nécessité.
Mieux encore, la masse salariale du club s’est réduite au global. Et dans les plans, elle devait passer de 124 millions d’euros à 74 millions d’euros. Les départs de Lacazette, Lopes, Caqueret et Cherki ont abaissé cette masse salariale de plusieurs millions d’euros. Lyon en avait l’obligation. Tout en évitant l’affaiblissement sportif.
Avoir un budget cohérent et un club qui repart de l’avant
Le coût d’une relégation en Ligue 2 est terrible pour l’image de l’OL et le mercato. La cellule de recrutement avait préparé un travail minutieux et des négociations ont été mises en place avec des joueurs. Pour l’heure, c’est un stop qui a été pratiqué.
L’OL doit sanctuariser un budget qui prend en compte des éléments économiques déterminants : pouvoir assurer le remboursement du stade et de ses créanciers tout en mettant en place une politique sportice cohérente.
Si sur cette partie, Décines est à la manœuvre en urgence, le board devrait également penser à relancer l’Académie qui sort du podium des centres de formation. Un déclin qui doit désormais s’écrire au passé. C’est sans nul doute pourquoi les prochaines semaines seront exceptionnelles à suivre pour Lyon.
Relancer le septuple champion de France sera quoi qu’on en dise difficile. Mais, l’OL sait plus que jamais que le retard pris dans cette période estivale sera à combler. Preuve en est, avec les deux dernières saisons. Lyon a le pouvoir de redonner du sens à son projet sportif s’il se donne comme valeur essentielle, la stabilité et le progrès. Dans cette crise inédite, les gones ont toujours trouvé en leur centre de formation, un moyen d’alimenter son équipe première. En 2010 cela avait marché, en 2016 aussi, en 2025, il y a l’espoir que les gones soient désormais des Lions.