Football féminin : les salaires en Première Ligue

08/11/2026

Combien gagne une footballeuse en Première Ligue ? Du minimum légal aux contrats des stars, les rémunérations varient fortement selon le club employeur.

En Arkema Première Ligue, le championnat de France féminin, certaines recrues de l’Olympique de Marseille dépasseraient 10 000 euros bruts mensuels, avant prélèvements. Pour trente-cinq heures hebdomadaires, une joueuse bénéficie d’un plancher légal de 1 867,02 euros. Depuis juillet 2026, les professionnelles relèvent aussi d’une convention collective, un accord entre syndicats et employeurs qui encadre notamment leurs rémunérations.

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Lyon et Paris, au-dessus du reste du championnat

Une joueuse de Lyon gagne, en moyenne estimée, près de neuf fois la rémunération observée dans plusieurs clubs du même championnat. Au printemps 2026, les salaires moyens étaient évalués à 20 000 euros bruts mensuels chez OL Lyonnes, contre 13 000 euros au Paris Saint-Germain et 4 200 euros au Paris FC. Dans les neuf autres équipes, les moyennes estimées étaient comprises entre 2 300 et 3 300 euros.

Ces montants concernent les groupes de joueuses de 2025-2026, avant les recrutements estivaux. Les dirigeants marseillais auraient depuis augmenté certaines rémunérations. Pour apprécier une proposition à l’automne, une professionnelle doit donc conserver la date des montants auxquels elle la compare.

La Fédération française de football (FFF), organisatrice des compétitions nationales, a également modifié la liste des participants. Pour 2026-2027, Toulouse et Saint-Malo ont rejoint l’élite ; Dijon et Saint-Étienne n’y figurent plus. Après avoir exclu Dijon des compétitions nationales féminines, la FFF a repêché Lens. Dans le tableau du printemps, le lecteur retrouve donc deux clubs absents du championnat actuel.

ClubSalaire mensuel brut moyen estimé en 2025-2026
OL Lyonnes20 000 €
Paris Saint-Germain13 000 €
Paris FC4 200 €
Fleury3 300 €
Olympique de Marseille3 300 €
FC Nantes3 275 €
Strasbourg3 000 €
Saint-Étienne3 000 €
Montpellier2 450 €
Lens2 300 €
Le Havre2 300 €
Dijon2 300 €

Pour les joueuses et leurs représentants, ces estimations donnent un ordre de grandeur des rémunérations pratiquées dans chaque groupe. À partir de ces chiffres, Lyon rémunérerait ses joueuses environ 8,7 fois la moyenne des clubs à 2 300 euros. Le PSG verserait encore un peu plus de trois fois celle du Paris FC. Avec 4 200 euros, ce dernier dépasserait tous ses autres concurrents, tout en restant éloigné des deux premiers employeurs.

Pour une professionnelle à la recherche d’un contrat, rejoindre un club signifie ainsi accéder à une échelle de rémunération. Les dirigeantes et dirigeants négocient ensuite des montants individuels. Quelques internationales, des joueuses sélectionnées en équipe nationale, peuvent relever la moyenne de leurs partenaires grâce à leurs contrats. Une recrue intégrant un groupe à 3 000 euros de moyenne peut donc signer pour une somme inférieure.

Pour connaître la rémunération de la joueuse située au milieu de toutes les salariées, il faudrait calculer une médiane : la moitié toucherait davantage, l’autre moitié moins. Le tableau des moyennes par club ne donne pas cette mesure nationale. En calculant simplement la moyenne des douze équipes, on accorderait par ailleurs le même poids à chaque employeur, quel que soit son nombre de salariées.

Le lecteur peut donc situer les clubs les uns par rapport aux autres. Il doit ensuite regarder les contrats individuels pour comprendre les différences entre partenaires d’une même équipe. À Lyon, les mieux rémunérées toucheraient des montants plusieurs fois supérieurs à la moyenne du groupe.

À 75 000 euros, les contrats des internationales

Les attaquantes lyonnaises Tabitha Chawinga et Marie-Antoinette Katoto occupent la première place du classement individuel du printemps 2026. Leur salaire est estimé à 75 000 euros bruts mensuels chacune. Ces montants excluent les primes de match, des rémunérations complémentaires liées aux rencontres.

Avec douze mensualités à ce niveau, chacune percevrait l’équivalent de 900 000 euros bruts. Les primes et les rémunérations commerciales éventuelles s’ajoutent séparément au salaire fixe, selon les accords conclus et les sommes effectivement versées pendant l’année.

Derrière les deux attaquantes, Kadidiatou Diani, Wendie Renard et Ada Hegerberg toucheraient 60 000 euros mensuels. Selma Bacha et la Parisienne Olga Carmona atteindraient 50 000 euros. Parmi les joueuses recensées en tête du classement, toutes portent les couleurs de Lyon ou du PSG.

Au PSG, Griedge Mbock et Sakina Karchaoui sont estimées à 40 000 euros mensuels chacune. Leurs coéquipières Elisa De Almeida et Mary Earps suivraient à 30 000 euros. Les onze premières places reviennent ainsi aux deux mêmes clubs.

Lyon et Paris concentrent donc les plus hauts contrats estimés. Pour attirer ou conserver les internationales concernées, leurs dirigeants engagent des sommes qui dépassent les niveaux pratiqués chez leurs concurrents. Une joueuse peut rejoindre l’un des deux groupes sans accéder aux rémunérations des titulaires les plus recherchées.

Au fil des saisons, davantage de vedettes ont franchi les mêmes seuils. Sept joueuses atteindraient au moins 50 000 euros mensuels en 2026, contre une seule en 2023. Katoto aurait également obtenu une revalorisation de 25% en quittant le PSG pour Lyon à l’été 2025.

Les employeurs ont donc accru les sommes consacrées à ces contrats. Plusieurs internationales ont bénéficié de ce mouvement. Pour les professionnelles moins rémunérées, il faudrait examiner les engagements et les renouvellements individuels afin de mesurer les augmentations obtenues.

Le minimum légal et les premières années de contrat

Pour les joueuses rémunérées au minimum, le premier repère est le SMIC, le salaire minimum interprofessionnel de croissance. Depuis le 1er juin 2026, il s’établit à 12,31 euros bruts de l’heure, soit 1 867,02 euros mensuels pour trente-cinq heures. À temps partiel, une salariée relève d’un calcul tenant compte de ses heures contractuelles.

Les joueuses des deux premières divisions bénéficient aussi de garanties négociées collectivement. Le syndicat des footballeurs professionnels, l’Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), et les représentants des clubs ont annoncé un accord le 18 mai, puis signé la convention le 25 juin 2026. Ils ont notamment négocié le droit à l’image, l’utilisation commerciale de l’image des joueuses.

Pour un temps plein, le minimum annuel indiqué est de 22 404,24 euros bruts, soit l’équivalent du SMIC mensuel sur douze mois. La salariée doit examiner son contrat et la durée de travail convenue pour connaître le montant applicable à son emploi.

Les partenaires sociaux ont également prévu un premier contrat professionnel pouvant aller jusqu’à cinq saisons. Ce dispositif s’accompagne d’une progression minimale annoncée : 2 300 euros bruts mensuels la première année, puis 2 800 euros la deuxième, 3 500 euros la troisième, 4 000 euros la quatrième et 4 500 euros la cinquième.

Une jeune professionnelle engagée dans ce dispositif connaît ainsi les paliers de sa rémunération. En cinquième année, elle toucherait presque le double du minimum prévu pour la première. Son employeur doit intégrer ces augmentations au coût des saisons à venir, tandis qu’elle peut anticiper les montants inscrits dans son engagement.

Le club conserve, pendant la durée convenue, une salariée qu’il a recrutée ou formée. Si un concurrent souhaite la recruter avant l’échéance, les dirigeants peuvent négocier une indemnité de transfert, versée entre clubs pour obtenir son départ avant la fin du contrat.

Les employeurs cherchent ainsi à mieux protéger leur investissement de formation. Avec plusieurs saisons restantes, ils peuvent négocier le départ d’une joueuse encore engagée pour une durée plus longue. La professionnelle, elle, connaît les rémunérations prévues pendant cette période.

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Une joueuse comptant cinq ans de carrière ne bénéficie toutefois pas automatiquement du dernier palier de 4 500 euros. Les partenaires sociaux rattachent cette progression au contrat particulier décrit. Avant de signer, une professionnelle doit vérifier à quel dispositif elle s’engage.

À Marseille, des recrutements mieux rémunérés

Les dirigeants marseillais auraient accru certaines rémunérations à l’été 2026. Certaines recrues dépasseraient 10 000 euros bruts mensuels, des montants que le directeur général des Marseillaises, Stefano Petruzzo, ne confirme pas individuellement. La mieux rémunérée du groupe précédent aurait touché 6 000 euros.

Stefano Petruzzo assume cependant le choix d’investir dans les rémunérations pour renforcer la compétitivité de l’équipe, avec le soutien de l’actionnaire et de la direction. Il inscrit ces dépenses dans un projet de développement sur plusieurs années.

Les joueuses concernées rejoindraient ainsi, hors de Lyon et de Paris, un employeur prêt à payer certains profils au-dessus des niveaux précédents. Leurs partenaires doivent négocier leur propre contrat ; elles ne peuvent déduire de ces arrivées une augmentation identique.

Pour mesurer l’effort marseillais sur le groupe entier, il faudrait connaître également les engagements renouvelés et les départs. En retenant seulement quelques recrues, on surestimerait leur poids dans une moyenne dont on ignore les autres composantes.

En mars 2022, les moyennes étaient estimées à 12 000 euros à Lyon et à 9 000 euros au PSG ; neuf équipes restaient sous les 2 000 euros mensuels. Au printemps 2026, huit clubs atteindraient au moins 3 000 euros.

À quatre ans d’intervalle, les professionnelles ne jouent pas nécessairement dans les mêmes groupes. Une salariée présente en 2022 peut avoir changé d’employeur ou quitté le championnat. Le lecteur mesure une progression des niveaux pratiqués ; pour suivre une carrière, il faudrait rapprocher les contrats successifs de la joueuse.

Du brut aux primes et aux contrats publicitaires

Une joueuse peut cumuler son salaire fixe avec plusieurs rémunérations. Pour apprécier ce qu’elle gagne sur une année, il faut identifier les primes reçues et les accords commerciaux exécutés pendant la même période.

Avec les primes de match exclues du classement, une partie éventuelle des versements du club reste hors du calcul. Une salariée peut toucher davantage pendant un mois si elle remplit les conditions fixées. Pour comparer deux contrats, elle doit donc examiner le fixe et les compléments auxquels elle peut prétendre.

Certaines professionnelles négocient aussi avec des annonceurs. Elles doivent respecter les règles encadrant les opérations commerciales personnelles et l’exploitation de leur image, notamment lorsque plusieurs clubs sont concernés.

Une internationale sollicitée par une marque conclut un accord distinct de son engagement sportif. En ajoutant un forfait publicitaire commun à toutes les joueuses, on attribuerait à chacune des sommes dont le versement reste à établir. Les signataires négocient leurs propres conditions et leur durée.

Pour connaître la somme disponible après prélèvements, une salariée doit ensuite tenir compte de son bulletin de paie et de sa situation fiscale. Convertir toutes les rémunérations brutes avec le même coefficient produirait un montant net artificiellement précis.

Lors d’un recrutement, les clubs peuvent enfin annoncer l’indemnité de transfert négociée entre eux. La nouvelle salariée perçoit les sommes prévues par son propre contrat. En additionnant le prix payé au club et son salaire, on lui attribuerait une somme versée à un autre destinataire.

La durée d’emploi, au-delà de la mensualité

Pour préparer l’après-carrière, les joueuses doivent aussi épargner. En mars 2025, des professionnelles exprimaient leurs inquiétudes sur la possibilité de mettre de l’argent de côté. Une salariée anonyme estimait nécessaires entre 5 000 et 7 000 euros mensuels pour anticiper la suite. Elle exprimait son appréciation personnelle des dépenses présentes et des besoins futurs.

Pour préparer cette suite, une professionnelle doit examiner combien de mensualités son employeur s’engage à verser. À l’échéance, elle doit négocier un renouvellement ou retrouver un club pour continuer à toucher un salaire. Avant de comparer deux offres, elle doit donc regarder ensemble leur montant, la durée d’engagement et les heures contractuelles.

Les clubs de Première Ligue doivent compter au moins onze contrats à temps plein. Ils peuvent satisfaire à ce minimum sans salarier chaque membre du groupe à trente-cinq heures. Une recrue doit par conséquent vérifier le temps de travail prévu pour elle.

Les partenaires sociaux ont aussi renforcé les garanties pendant certains arrêts. Les joueuses bénéficient notamment de seize semaines de congé maternité ainsi que de garanties de rémunération, de soins et d’accès aux installations liées à la grossesse.

Une salariée arrêtée peut ainsi préserver son budget pendant la période couverte. En continuant à percevoir une rémunération, elle réduit son besoin de puiser dans son épargne pour financer ses dépenses courantes.

Les joueuses qui exprimaient leurs inquiétudes en 2025 parlaient avant l’application de ces dispositions. Depuis juillet 2026, elles bénéficient de garanties communes pour certains événements qui interrompent leur activité. En cas d’arrêt maladie, les partenaires sociaux ont notamment prévu au moins quatre-vingt-dix jours de maintien de salaire, sans condition d’ancienneté.

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Depuis 2024, Léa Seguet couvre pour QuatreTroisTrois le sport au-delà du football : tennis, basket, rugby, cyclisme, natation et MMA. Journaliste, elle a auparavant écrit pour Rugby Magazine, France Basket et Cyclisme Magazine. Elle suit sur place les grands événements de ces disciplines. Pour la joindre : redaction@quatretroistrois.fr.

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