Iwan Postel (ex FC Rouen 1899) sur le Paris FC : « L’argent retarde les problèmes, il ne les résout pas »

Rédaction

22/02/2026

Nous avons retrouvé l’ancien président du FC Rouen 1899. L’homme d’affaires néerlandais, qui a remis le club normand sur de bon rails, porte un regard dur sur son expérience et sur l’actualité du football français.

Personnalité clivante mais décisive, Iwan Postel a quitté le FC Rouen 1899 au printemps dernier, après un passage remarqué à la tête du club, récupéré dans une situation critique. Lors de son passage, l’homme d’affaires néerlandais a mis de l’ordre financièrement et sportivement et a posé les bases de la dynamique qui le maintient aujourd’hui dans la course à la montée en Ligue 2. Concentré sur d’autres affaires, qui l’amènent loin de Rouen, le Néerlandais garde toujours un oeil attentif sur le club et le monde du football en général. Il nous livre une analyse franche sur le Paris FC et sur l’état du football français.

On dit que vous étiez parfois très dur avec les joueurs, mais sans jamais crier ?

Je ne crois pas aux cris. Je ne crois pas à la violence. Même si, parfois, je me laisse envahir par l’émotion et fais exactement ce que je dis qu’il ne faut pas faire… Le volume n’a jamais fait l’autorité. Je leur disais très calmement : « Moi, je suis de passage. Vous, c’est votre vie. » Je leur expliquais que je pouvais repartir vers mes projets. Eux non. Leur carrière est courte. Fragile. Elle dépend uniquement de leur discipline et de leur exigence.

« Je n’ai jamais cherché à être dans le football »

Des valeurs que vous avez toujours mis en avant…

Je suis quelqu’un de profondément émotionnel. Je voulais sincèrement aider tous ceux qui voulaient être aidés. Mais avec les autres… je n’avais aucun scrupule. Aucune pitié. Pas par méchanceté, par principe. Parce que dans le football, si vous protégez ceux qui ne veulent pas se protéger eux-mêmes, vous trahissez ceux qui travaillent réellement. Je ne parlais pas à leur ego. Je parlais à leur conscience. À leur responsabilité.

Vous n’avez jamais cherché à devenir un homme du football ?

Non. J’étais dans le football sans réellement avoir cherché à y être. Je suis entrepreneur. Le football a été un épisode. Intense. Structurant. Mais un épisode. Je n’ai pas besoin du football pour exister. Et peut-être que c’est justement cette distance qui m’a permis de prendre des décisions rationnelles, sans attachement émotionnel aux codes du milieu

Envisagez-vous un retour dans un club ?
Très honnêtement, non. On m’a contacté à plusieurs reprises. Ma réponse reste la même. Je peux conseiller, je peux orienter. Je peux aider certaines personnes à trouver le bon club, le bon environnement. Mais sans moi dedans. Je ne cherche ni exposition, ni position. Et je ne suis pas à la recherche de nouveaux amis. Parfois je me demande même si je n’en ai pas déjà trop. Entrer dans un club, c’est entrer dans un aquarium de requins. Aujourd’hui, je n’ai ni le temps ni l’envie de gaspiller mon énergie dans ce type d’environnement.

Sur le Paris FC : « Si la culture interne protège plus qu’elle n’exige, la progression finit par plafonner »

Vous êtes critique envers le football français…

Il y a un manque d’ambition qui m’interpelle profondément. Un système fiscal extrêmement lourd. Une jalousie presque culturelle envers la réussite. Regardez la jalousie envers le Paris Saint-Germain.
Au lieu d’en être fier. C’est Paris. C’est la capitale de la France. Dans beaucoup de pays, un club fort est une vitrine nationale. En France, la réussite dérange. On dirait parfois que le succès est un blasphème. Cette mentalité freine les projets ambitieux. Et freine aussi les profils indépendants qui veulent construire autrement.

Vous semblez très agacé par ce que vous avez vu lors de votre passage à Rouen…

Il faut être lucide. Dans le football, il existe des profils prêts à absolument tout pour rester en place. Le lundi, ils défendent une vision. Le mardi, ils défendent son contraire. Un jour ils sont d’un camp, le lendemain d’un autre. Ce n’est pas une question d’opinion, c’est une question d’absence totale de colonne vertébrale. Ce qui compte pour eux, ce n’est pas le projet, ce n’est pas le club, ce n’est pas la performance, c’est leur position. Et c’est impressionnant de voir jusqu’où certains peuvent aller pour préserver un fauteuil. Le football devrait être une industrie de mérite et de courage. Trop souvent, il devient un théâtre d’adaptation permanente. On s’aligne non pas sur la vérité, mais sur ce qui permet de survivre. Et à long terme, cette mentalité détruit les projets ambitieux.

Vous avez suivi l’actualité du Paris FC, et vous être très dur…

Le potentiel est évidemment immense, mais la question essentielle reste la gouvernance. Les décisions sont-elles guidées par la compétence mesurable ou par la proximité ? Le mérite est-il réellement récompensé ? Le confort est-il devenu une norme interne ? Un club peut avoir des moyens considérables. Mais si la culture interne protège plus qu’elle n’exige, la progression finit par plafonner. L’argent retarde les problèmes, Il ne les résout pas.

A propos d’argent, vous allez bientôt faire parler de vous avec une application dédiée aux clubs amateurs ?

Ce sera une véritable révolution. Il s’agira de proposer aux petits clubs d’avoir accès à des équipements gratuits, on en reparlera très vite. 

Propos recueillis par Ousmane Sow (avec S.D.)

1 réflexion au sujet de « Iwan Postel (ex FC Rouen 1899) sur le Paris FC : « L’argent retarde les problèmes, il ne les résout pas » »

  1. Il ose dire ce que beaucoup pense tout bas. , par peur de perdre leur poste, leur hypocrisie, le gâteau je ne le partage surtout pas sinon ma part sera réduite, À MÉDITER…

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