Jacques Yalap (Saint-Brice FC) : « On est prêt pour aller en National 3 et y faire bonne figure »

Rencontre avec le président passionné et très investi du FC Saint-Brice, bien lancé vers le National 3, à dix journées de la fin.

En tête du groupe A de Régional 1, avec 3 points d’avance sur la réserve du Red Star, Saint-Brice reçoit la réserve du Paris 13 Atletico (4ème) samedi (18h). Un vrai choc de la 15ème journée qui peut valoir très cher, car dans le même temps, la meilleure équipe de 2026 (St-Denis, 4 matchs, 4 victoires), reçoit le Red Star. L’occasion d’un long entretien avec Jacques Yalap, le président du club du Val-d’Oise, qui nous plonge dans les coulisses de cette saison, qui peut être historique pour le football dans le Val-d’Oise. 

« C’est la 3ème fois qu’on est en tête à cette période, cette fois, on espère que ce sera la bonne »

La montée de Saint-Brice, ça fait longtemps que vous courrez après… 

Ça fait plusieurs saisons que ce projet fait partie de l’ADN du club. On a raté le coche plusieurs fois. C’est la troisième fois que le club est en tête à cette période de l’année, on espère que ce sera la bonne. Pour y parvenir, on a tiré les enseignements des années précédents, pour ne pas reproduire les même erreurs.

Qui sont ?

Une, par exemple, a été de trop vouloir se renforcer à la trêve. Ça n’a pas eu l’effet escompté, au contraire. Cette fois, on a agit différemment, on a voulu garder une certaine stabilité. Malheureusement, il y a des joueurs qui nous ont quittés, donc on a essayé de les remplacer du mieux possible. Mais toujours avec la volonté de ne pas perturber le groupe. 

Pourquoi est-ce si important de monter ?

On part du principe qu’en cas de montée au niveau national, on aura davantage de moyens d’attirer des partenaires économiques. Nous sommes dans une région qui aime le foot et où il n’y a pas trop de concurrence à ce niveau. Il y a des villes comme Montmorency ou Domont, avec des belles entreprises, mais qui n’ont pas de club à ce niveau. Si on monte, on sera les premiers et ce sera plus facile d’attirer ces entreprises à nous. Maintenant, il faut que l’on ait les moyens humains et matériels pour aller au dessus. Aujourd’hui, on estime qu’on les a réunis et qu’on est prêt à aller jouer en National 3 et y faire bonne figure. 

Dès le début de saison, vous avez identifié vos principaux concurrents, comme les réserves du Red Star ou du Paris 13 Atletico, que vous recevez samedi ?

Quand on a l’ambition de monter, on se prépare forcément à affronter des adversaires très costauds qui auront aussi des ambitions. Il y a des clubs qui sont descendus récemment, comme l’Entente SSG, où le FC Mantois, qui a vécu une descente récente, ainsi que des réserves pro, mais aussi un club comme Saint-Denis, qui tourne autour depuis plusieurs saisons. 

Comment on se prépare pour se donner les meilleurs chances ?

Quand vous savez que vous allez jouer ces équipes-là, vous devez rechercher des profils de joueurs adaptés à la Régional 1, qui est un championnat très compliqué, mais aussi des joueurs capables d’être performants contre des réserves pros. Il y a une autre problématique : les terrains. Vous jouez le plus souvent sur des terrains difficiles, gras… ou des terrains synthétiques. Il faut avoir des joueurs performants dans différents contextes. En allant chercher des joueurs qui ont eu des expériences plus haut, même sans s’y imposer totalement, on est parti du principe qu’ils ont le niveau pour être performants contre des réserves pros. On a travaillé avec le staff pour faire en sorte de recruter des joueurs de ce profil. 

« Ce groupe, on l’a construit dès le milieu de la saison dernière »

Une montée commence à se gagner dès l’été, lors du mercato ?

Mais ce groupe, on l’a construit dès le milieu de la saison dernière. Pour nous, être deuxième ou premier non relégable, c’est la même chose. Dès qu’on a compris qu’on ne pourrait pas monter, on a travaillé sur la prochaine saison. 

Revenons sur cette saison, vous êtes en tête, mais la réserve du Red Star n’est qu’à 3 points, c’est votre principal adversaire ?

Vous savez, quand on regarde en arrière, on constate que la majorité des équipes qui sont montées n’étaient pas en tête à mi-saison. Beaucoup ont performé lors des 8 dernières journées. Donc, il faut se méfier de tout le monde, même si le Red Star, quand ils descendent des joueurs de l’équipe pro, c’est très compliqué. Surtout à domicile, ces équipes sont très fortes. Regardez le Paris 13 Atletico, le week-end dernier, ils en ont mis 7 à Melun, qui faisait partie des équipes encore dans la course pour monter…

Vous les jouez samedi, mais chez vous…

Oui, mais c’est une équipe qui fait toujours descendre des joueurs de la une. D’ailleurs, c’est logique, ils ont des joueurs sous contrat, il faut les faire jouer. S’ils ne sont pas là-haut, il faut bien qu’ils soient quelque part. 

Vous parliez tout à l’heure de votre effectif, avec des profils bien définis, le club est-il en mesure de fournir des jeunes à l’équipe première ?

Ça reste très compliqué. L’écart est trop grand. Souvent, les jeunes ont besoin d’une ou deux saisons dans l’équipe B, en première division départementale, avant de pouvoir intégrer l’équipe première. On en a 3 ou 4 dans l’effectif, dont 2 qui jouent régulièrement, mais ce n’est pas une majorité. Ce sont les plus patients et les plus bosseurs. 

« Donner du plaisir aux habitants et faire parler de Saint-Brice au delà de la région »

C’est impossibles de former des bons jeunes et de miser sur les séniors, pour une équipe comme St-Brice ?

C’est pas impossible, mais c’est très compliqué. On voit bien que c’est difficile de faire vivre un club à un niveau national, tout en ayant de très bonnes équipes de jeunes. Quand vous n’avez pas d’équipe première ambitieuse, vous n’avez pratiquement aucune dépense, pas de frais pour entretenir cette équipe, alors tout va pour les jeunes qui, eux, ne demandent pas de défraiements ou autres. Les subventions, l’argent des licences… tout va dans la rémunération des éducateurs. 

Qu’est-ce qui motive un chef d’entreprise comme vous, quelqu’un de très occupé, pour s’investir autant dans un club de foot ?

Je suis un saint-bricien de naissance. Mon but principal, c’est de donner du plaisir aux habitants de Saint-Brice et de faire parler de Saint-Brice au delà de la région. 

Vous estimez être assez soutenu par la ville ?

On se sent soutenu par la ville. Après, comme toutes les associations, on ne dit pas non à plus de moyens. Mais je suis avant tout un habitant de cette ville. Si la ville me donne plus de moyens mais qu’en même temps, il y a une personne en moins pour s’occuper de la cantine des enfants, ça ne m’intéresse pas. 

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