Leader de Ligue 1 depuis lundi, le PSG se rend vendredi (19h) au Stade Océane sans Kvaratskhelia, Dembélé, Marquinhos ni Nuno Mendes. En face, Le Havre est dernier et toujours sans victoire, mais il a montré à Marseille qu’il respirait encore. Sur le papier, le match est déséquilibré. Sur le terrain, il pourrait l’être moins.
Il y a des affiches dont le classement raconte presque tout. Celle-ci en raconte une bonne partie : 17 points d’un côté, 2 de l’autre, un champion revenu de loin face à un HAC qui s’enfonce. Mais le PSG débarque en Normandie quatre jours après Lyon et quatre jours avant Villarreal, avec une infirmerie pleine et un onze à recomposer. Le Havre, lui, n’a plus le luxe de choisir ses matchs pour se relancer.
De la crise de septembre au fauteuil de leader
Il y a sept semaines, personne n’aurait parié sur ce PSG-là en tête du championnat. Après Rennes (2-2), Lille (2-2) et une défaite au Parc contre Monaco (1-2), Paris n’avait gagné aucun de ses trois premiers matchs de Ligue 1, une première depuis 2012-2013. C’était le pire départ de l’ère QSI.
Depuis, la machine s’est remise en route. Brest (1-0), Marseille (2-1), Le Mans (3-1), Strasbourg (3-1), Lyon (2-0) : cinq victoires de rang en championnat. En Europe, Paris a battu Manchester City 4-2 à l’Etihad, puis Barcelone 4-2 au Parc.
Lundi, contre Lyon, il a fallu de la patience. Repoussé en première période, le PSG a fait la différence par deux remplaçants, Senny Mayulu (72e) et Mika Godts (84e). Avec 17 points, Paris occupe seul la première place pour la première fois de la saison, une longueur devant Rennes, deux devant Lille et Monaco.
Quatre cadres à l’infirmerie, un calendrier sans répit
La victoire contre le Barça a coûté cher. Kvaratskhelia s’est rompu le ligament croisé antérieur du genou droit. Dembélé est sorti touché à la cuisse gauche dès la 19e minute, Marquinhos à la cuisse droite à l’heure de jeu. Nuno Mendes, blessé à Strasbourg, manque toujours à l’appel.
Le Géorgien a été opéré avec succès mardi à Doha, sans date de retour annoncée. Pour Dembélé, RMC et Le Parisien évoquent environ trois semaines d’absence. Lui, Marquinhos et Mendes viseraient un retour à Nice, le 21 novembre. Aucun des quatre ne sera donc au Havre.
Luis Enrique refuse d’en faire une excuse. « Nous sommes la même équipe avec et sans blessures », a-t-il assuré avant Lyon. Il n’entend pas non plus se précipiter sur le marché des transferts.
Le vrai adversaire du PSG, cette semaine, c’est peut-être le calendrier. Le choc contre l’OL a été décalé au lundi par la préfecture, qui craignait des débordements dans la capitale. Résultat : quatre jours de récupération avant Le Havre, puis quatre autres avant Villarreal, mardi 3 novembre en Ligue des champions, et Troyes le 7 au Parc.
La rotation paraît inévitable. Mayulu et Godts ont marqué leur territoire lundi, et le jeune Quentin Ndjantou a délivré la passe du deuxième but. Devant, Ferran Torres, recruté environ 50 millions d’euros au Barça après avoir offert le Mondial à l’Espagne, compte déjà 4 buts en Ligue 1.
Le Havre, une lanterne rouge au pied du mur
Huit matchs, zéro victoire, deux nuls, six défaites. Avec 2 points, 8 buts marqués et 15 encaissés, le HAC est seul au dernier rang. Strasbourg, barragiste, en compte déjà 7. L’écart n’a rien d’irrémédiable à la fin octobre. Mais il se creuse à chaque journée.
Le constat est d’autant plus dur que l’été a été chargé. Demba Ba a pris la direction sportive, Issa Soumaré est parti libre à Rennes et Didier Digard a été prolongé. Le recrutement a fait revenir Amir Richardson, Timothée Pembélé et Junior Mwanga, et a fait venir les Japonais Kaito Mizuta et Sota Nakamura, Vincent Sasso et l’espoir monégasque Joan Tincres.
Pour recevoir Paris, Digard sera privé de Stephan Zagadou, Lionel Mpasi-Nzau, Timothée Pembélé et Elias Jelert, tous blessés. Après la défaite à domicile contre Auxerre (1-3), l’entraîneur avait lui-même qualifié la situation de « préoccupante ». Certains sites spécialisés dressent déjà la liste de ses successeurs potentiels, sans que le club ait donné le moindre signal en ce sens.
Le match a une saveur particulière pour lui. Formé au Havre, Digard a porté le maillot parisien en 2007-2008 avant de partir à Middlesbrough.
Au Vélodrome, un HAC qui respire encore
Dimanche, à la 55e minute, Le Havre était mené 4-0 à Marseille. Il a fini à 4-3, et a même réclamé un penalty dans le temps additionnel, refusé après consultation de la VAR. Le détail compte : les Normands ont tiré 21 fois contre 11 pour l’OM et ont dominé aux expected goals, 3,04 contre 1,55.
L’homme de ce retour s’appelle Josh Maja. Entré à la 61e minute, l’attaquant a marqué deux fois en douze minutes. Avec 3 buts, il est le meilleur réalisateur havrais de la saison.
Digard, lui, a surtout retenu ce qui avait précédé. Trois des quatre buts marseillais sont venus sur coups de pied arrêtés, et le réveil est venu trop tard. « Dans notre situation, on ne peut pas être à réaction », a-t-il résumé sur Ligue 1+.
Trois clés pour lire le match
Tenir la première heure face à un Paris qui frappe tard
Le dernier passage du PSG au Stade Océane donne un modèle. En février, Paris avait eu 68 % de possession et tiré 22 fois, contre 10 pour Le Havre, pour une victoire 1-0 seulement. Barcola avait marqué de la tête à la 37e, et Mory Diaw avait arrêté un penalty de Doué en fin de match.
Cette saison, le PSG ouvre le score en moyenne à la 54e minute. Si le HAC atteint la pause à 0-0, le match restera ouvert bien plus longtemps que le classement ne le suggère. Reste à savoir quel visage choisira Digard. Avant le match aller de la saison dernière, il avait juré qu’il ne « mettrait pas le bus » contre Paris. Avec 2 points au compteur, la tentation de la prudence sera forte.
Les coups de pied arrêtés, talon d’Achille normand
C’est la faiblesse avouée du HAC, et un terrain où Paris sait faire mal : le Classique au Vélodrome s’était joué sur des buts de Ferran Torres et de Marquinhos. Sans son capitaine, la menace aérienne parisienne reposera sur Willian Pacho et Illia Zabarnyi.
Maja contre Pacho, le duel à suivre
Goal place ce face-à-face au centre de l’avant-match. D’un côté, Maja, redoutable dans la surface depuis le banc. De l’autre, Pacho, pilier de la défense qui n’a rien concédé contre Lyon, avec 83 passes réussies. Digard devra trancher : titulariser son buteur, ou le garder pour la dernière demi-heure, là où il a fait basculer le match à Marseille.
Une histoire à sens unique, une soirée moins écrite qu’il n’y paraît
L’historique récent ne laisse guère de place au doute. Sur leurs cinq dernières confrontations, le PSG en a gagné quatre et fait un nul, avec 11 buts marqués pour 5 encaissés. Le Havre reste sur huit matchs de championnat sans victoire face à Paris. Le dernier coup d’éclat normand date d’avril 2024 : un 3-3 arraché au Parc des Princes.
Tout plaide donc pour une victoire parisienne. Deux éléments pourraient pourtant resserrer l’écart : un onze parisien profondément remanié à quatre jours de Villarreal, et un HAC qui a trouvé à Marseille, autour de Maja et des centres de Mizuta, une menace offensive que ses résultats ne reflètent pas.
Pour Paris, l’enjeu est simple : garder le fauteuil de leader avant d’enchaîner les rendez-vous européens. Pour Le Havre, il est vital. Un point contre le champion ne changerait pas sa saison. Mais il pourrait changer l’atmosphère, et peut-être l’avenir de son entraîneur.
Le Havre-PSG en pratique
| Repère | Détail |
|---|---|
| Compétition | Ligue 1, 9e journée |
| Date et heure | Vendredi 30 octobre 2026, 19h |
| Stade | Stade Océane, Le Havre |
| Diffusion | Ligue 1+ |
| Absents Le Havre | Zagadou, Mpasi-Nzau, Pembélé, Jelert |
| Absents PSG | Kvaratskhelia, Dembélé, Marquinhos, Nuno Mendes |
Le HAC organise des animations Halloween autour de la rencontre.