Contrats professionnels, temps de jeu, diplômes : la FFF a classé les centres de formation de Ligue 1. Découvrez le top 10 2026, mené par le PSG.
Le 22 mai 2026, le Paris Saint-Germain battait Montpellier (3-2) en finale de la Coupe Gambardella, la coupe de France des moins de 19 ans. C’était le premier titre d’un triplé complété dans les championnats nationaux des moins de 19 ans et des moins de 17 ans. La Fédération française de football n’en tient aucun compte : son évaluation annuelle des centres de formation, ces structures où les clubs professionnels forment et scolarisent leurs futurs joueurs, mesure ce que deviennent les joueurs formés, de leur premier contrat professionnel à leurs diplômes. Sur ce barème, Strasbourg gagne six places, et Lille, cinquième il y a deux ans, ferme désormais la marche.
Le Paris Saint-Germain (PSG) possède le centre de formation le mieux noté de Ligue 1, la première division. Dans son évaluation 2025-2026, validée le 30 juin et rendue publique début juillet, la Fédération française de football (FFF) attribue au club parisien 4,55 étoiles sur 5, la meilleure note de l’élite. Le PSG n’avait plus occupé cette première place depuis 2021. Il la reprend au Stade rennais, qui la tenait depuis trois saisons.
Derrière Paris, le Toulouse FC (TFC) obtient 4,25 et prend la deuxième place. L’Olympique lyonnais (OL) et le Stade rennais se partagent la troisième avec 4,10 chacun. L’AS Monaco, créditée de 4 étoiles, ferme le groupe de tête. Cinq clubs suivent au palier des 3,5 étoiles, une note arrondie à la demi-étoile : le FC Nantes, l’OGC Nice, le RC Strasbourg Alsace, Le Havre AC et le LOSC Lille.
| Rang | Club | Évaluation |
|---|---|---|
| 1 | Paris Saint-Germain | 4,55/5 |
| 2 | Toulouse FC | 4,25/5 |
| 3 ex aequo | Olympique lyonnais | 4,10/5 |
| 3 ex aequo | Stade rennais FC | 4,10/5 |
| 5 | AS Monaco | 4/5 |
| 6 | FC Nantes | palier 3,5 étoiles |
| 7 | OGC Nice | palier 3,5 étoiles |
| 8 | RC Strasbourg Alsace | palier 3,5 étoiles |
| 9 | Le Havre AC | palier 3,5 étoiles |
| 10 | LOSC Lille | palier 3,5 étoiles |
Le changement de tête se joue à quelques dixièmes. Avec 4,10, Rennes concède 0,45 point au PSG et reste sur le podium, à égalité avec Lyon. Du deuxième au cinquième, un quart de point sépare Toulouse de Monaco. Trois des cinq premiers, Lyon, Rennes et Monaco, occupent depuis des années les hauts de tableau des classements français et européens. Toulouse s’intercale entre Paris et ces trois habitués.
Au 28 septembre, la FFF n’a publié aucune nouvelle évaluation annuelle. Cette hiérarchie reste donc la référence fédérale, celle que reprennent les publications les plus récentes consacrées aux académies françaises.
Encore faut-il savoir ce qu’elle classe. Chaque année, la FFF évalue les 33 centres de formation professionnels du pays, puis restitue leurs résultats par division : 18 centres de clubs de Ligue 1, 11 de Ligue 2, la deuxième division, et 4 de National, la troisième. Les dix clubs présentés ici sont les mieux notés des dix-huit de l’élite. La fédération ne fusionne pas les divisions, si bien qu’un club de Ligue 2, même très bien évalué, reste hors de ce palmarès. Celui-ci ne prétend pas davantage résumer des décennies de formation : il photographie une saison, avec des critères que la FFF a fixés à l’avance.
Cinq critères et un arbitre
Ces critères sont au nombre de cinq. La Direction technique nationale (DTN), le service de la FFF chargé de la formation, pilote l’évaluation. Pour l’édition 2025-2026, elle a arrêté les données au 31 mai 2026. La commission nationale paritaire de la convention collective des métiers du football, où siègent employeurs et salariés du secteur, a validé les résultats le 30 juin.
Le premier critère compte les contrats professionnels signés par les joueurs issus du parcours de formation. Le deuxième additionne les minutes qu’ils ont disputées avec l’équipe première, l’équipe professionnelle de leur club formateur. Le troisième recense leurs sélections nationales, quelle que soit la nation. Le quatrième retient les diplômes obtenus pendant la formation. Le cinquième mesure la présence d’anciens pensionnaires dans les clubs inscrits au classement de l’UEFA, l’Union des associations européennes de football, qui hiérarchise les équipes selon leurs résultats en coupes d’Europe.
La grille laisse de côté les infrastructures, le budget, la réputation d’une académie et les trophées de ses équipes de moins de 17 et de 19 ans. Elle s’ajoute à l’agrément que prévoit le Code du sport. Délivré par l’autorité administrative sur proposition de la fédération, cet agrément atteste qu’un centre respecte un cahier des charges : scolarité, suivi médical, hébergement, restauration. Un centre agréé peut donc finir loin dans le classement d’efficacité.
Les cinq critères portent tous sur ce que deviennent les joueurs, et un seul relève entièrement du club formateur : les minutes qu’il accorde à ses jeunes en équipe première. Un club qui signe des contrats professionnels et fournit des internationaux peut ainsi perdre des points s’il laisse ses jeunes partir jouer ailleurs. Ce critère départage les premiers de 2026.
À Paris, un triplé hors barème
Chez les jeunes, le PSG a tout gagné en 2025-2026. Après la Coupe Gambardella, enlevée face à Montpellier (3-2) le 22 mai, ses moins de 19 ans (les U19) ont pris le championnat national contre Clermont (2-1). Ses moins de 17 ans (les U17) ont ensuite battu Angers (2-0) en finale de leur championnat. Le club parisien signe ainsi le triplé masculin Gambardella-U19-U17.
Aucun de ces titres n’entre dans la note fédérale. Le PSG doit sa première place à d’autres chiffres : les contrats professionnels signés par ses jeunes, la présence de ses anciens joueurs en sélection et dans les compétitions européennes, la progression de l’ensemble de son parcours de formation. Deuxième en 2024-2025 derrière Rennes, il passe devant sur ces critères. En mai et juin, ses équipes de jeunes ont confirmé sur le terrain un rang acquis dans les tableaux de la DTN.
Reste l’équipe première. Le club a bâti son effectif pour gagner les principales compétitions nationales et européennes, et un joueur sorti du centre y affronte une concurrence rare. La note de 4,55 intègre donc les carrières de joueurs formés à Paris qui jouent ailleurs, bien au-delà des minutes disputées sous le maillot parisien.
Trois rangs gagnés par Toulouse
Cinquième en 2024-2025, le Toulouse FC gagne trois places et prend la deuxième avec 4,25. Aucun des cinq premiers ne progresse autant. Le TFC devance ainsi Lyon, Rennes et Monaco, trois académies plus habituées que lui aux premiers rangs. Le club toulousain relie la détection des jeunes, leur scolarité, la signature de contrats professionnels et l’accès à son équipe première.
Une mesure extérieure à la FFF aboutit au même constat. L’Observatoire du football du CIES, centre d’études suisse spécialisé dans les statistiques du football, plaçait Toulouse parmi les quinze clubs formateurs qui alimentent le plus les cinq grands championnats européens (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne, France). Selon ses données relayées en janvier 2026, 20 joueurs formés au TFC avaient cumulé 13 816 minutes depuis le début de la saison. Le rang exact varie selon la manière de traiter les égalités : douzième ex aequo ou quatorzième.
Le CIES ne participe pas au calcul fédéral. Avec une autre méthode, l’institut place pourtant le même club dans le haut de la hiérarchie. La deuxième place toulousaine résiste à ce croisement.
Lyon et Rennes, à égalité sur 4,10
Lyon et Rennes finissent avec la même note. L’infographie de la FFF place l’OL devant, et la fédération n’a pas précisé ce qui départage les deux clubs. Quatrième en 2024-2025, Lyon remonte sur le podium. Son centre, l’Academy, reste l’un des principaux fournisseurs de joueurs professionnels et internationaux du pays. Pour retrouver la première place qu’il a longtemps occupée, le club devra faire jouer plus souvent ses jeunes sous son propre maillot.
Le Stade rennais a suivi le chemin inverse. Il garde de très bons résultats sur quatre critères : professionnalisation, sélections, scolarité, représentation européenne. Sur les minutes en équipe première, il décroche.
Le club revendique pourtant neuf joueurs passés par l’École technique privée Odorico, structure rennaise de formation des jeunes, et utilisés en équipe première pendant la saison : Mathys Silistrie, Jérémy Jacquet, Paolo Limon, Lilian Brassier, Djaoui Cissé, Elias Legendre Quiñonez, Nordan Mukiele, Lucas Rosier et Kader Meïté. Tous ne sont pas forcément « formés au centre » au sens de la convention de formation, le contrat qui lie un jeune joueur au centre et fixe ceux que la FFF comptabilise. Ces neuf noms n’ont donc pas suffi : soit leurs minutes ont été trop rares pour peser, soit certains échappent au décompte fédéral.
La valeur des joueurs formés à Rennes raconte une autre histoire. Dans un classement publié par L’Équipe, fondé sur les estimations de Transfermarkt, site spécialisé dans la valeur marchande des footballeurs, au 30 juillet 2026, le onze de joueurs formés par le club breton arrivait en tête de la Ligue 1, avec 459,4 millions d’euros. Rennes possède ainsi le onze formé le plus cher de l’élite et perd la tête du classement fédéral. La FFF compte les minutes jouées à Rennes ; les prix de marché n’apparaissent nulle part dans sa grille.
La Diagonale et ses 20 bacheliers
L’AS Monaco glisse de la troisième à la cinquième place et garde 4 étoiles sur 5. Son centre, La Diagonale, figure une nouvelle fois parmi les cinq premiers de Ligue 1. Le club monégasque conduit ses jeunes vers les sélections nationales et le football européen. Comme Lyon et Rennes, il leur ouvre plus difficilement une équipe première aux ambitions internationales, où chaque match compte pour le classement.
La scolarité reste l’un des marqueurs du projet. En 2026, le club a annoncé que 20 de ses 21 candidats avaient obtenu le baccalauréat, soit plus de 95 % de réussite. Monaco a communiqué ces résultats après le 31 mai, date à laquelle la FFF a arrêté ses données. La fédération les prendra en compte lors de la prochaine campagne d’évaluation.
Sous le palier des 4 étoiles
Après Monaco, les notes se lisent en demi-étoiles. Seuls les quatre premiers ont une note publiée au centième ; de la sixième à la dixième place, les documents diffusés depuis juillet s’en tiennent au palier des 3,5 étoiles. La fédération décrit ses critères sans publier la formule qui convertit les sous-notes en note globale. Une moyenne calculée à partir des cinq sous-notes visibles donnerait donc un chiffre faux.
Au sein de ce palier, le FC Nantes gagne une place et monte au sixième rang. La Jonelière, son centre d’entraînement, a nourri l’équipe première pendant des décennies, et cette tradition ne rapporte aucun point : la FFF évalue les contrats, les minutes, les sélections et les diplômes de la période récente. Pour monter encore, le club devra installer davantage de jeunes dans son effectif professionnel.
Neuvième un an plus tôt, l’OGC Nice passe à la septième place. La direction niçoise défend une trajectoire ascendante après plusieurs saisons hors du top 10. Les sous-notes qui circulent autour de l’infographie fédérale, sans détail officiel de la FFF, font ressortir la scolarité et les sélections nationales. Le club azuréen doit encore transformer davantage de parcours de formation en contrats professionnels et en minutes régulières.
Le RC Strasbourg Alsace réussit le plus grand bond du classement. Absent du top 10 en 2024-2025, le Racing, surnom du club alsacien, passe de la 14e à la 8e place parmi les centres des clubs de Ligue 1, soit six rangs gagnés. Le chiffre de neuf places, parfois avancé, provient d’un tableau qui mêle les centres des trois divisions. Strasbourg recrute aussi de jeunes joueurs formés ailleurs et les fait jouer ; la FFF ne les compte pas, puisqu’elle ne retient que les joueurs passés par le parcours de formation du club.
Le Havre en recul, Lille en sursis
Le Havre AC (HAC) recule de trois places, de la sixième à la neuvième. Le club normand reste parmi les dix premiers avec des moyens inférieurs à ceux des grands clubs français. Il mise de longue date sur la détection, le suivi scolaire et un accès rapide au football professionnel ; son centre alimente l’équipe première et soutient ses finances. Son recul tient pour partie à l’arithmétique : Nantes, Nice et Strasbourg, classés derrière lui en 2024-2025, sont passés devant.
Le LOSC Lille suit une pente plus longue. Cinquième en 2023-2024, huitième en 2024-2025, le club nordiste ferme désormais le top 10. La presse spécialisée lilloise lui attribue une note de 3,30 sur 5, que la FFF n’a pas publiée et qui correspond au palier des 3,5 étoiles après arrondi. Lille obtient ses meilleurs résultats en scolarité et en représentation européenne de ses anciens joueurs. Le temps de jeu en équipe première et les sélections tirent sa note vers le bas : le critère des minutes a déjà coûté la première place à Rennes.
Une nouvelle baisse des minutes accordées aux jeunes Lillois exposerait le club à sortir du top 10 lors de la prochaine évaluation. En deux saisons, le LOSC a déjà perdu cinq rangs.