Pour quatretroistrois.fr, le président Ferracci évoque les ambitions du Paris FC, qui va découvrir la Ligue 1, et notamment son positionnement par rapport au PSG.
Le week-end du 2 mai restera à jamais gravé dans l’histoire du Paris FC…
On a eu la chance, en un week-end de valoriser des années de travail. Avec le vendredi (ndlr : le 2 mai), la montée en Ligue 1 et le samedi, la victoire de nos féminines en Coupe de France face au PSG. On a savouré, même si on s’est très vite remis au travail pour préparer la prochaine saison.
Des résultats qui valorisent le travail du club depuis de longues années…
Une douzaine d’année de travail pour structurer le club, développer nos deux centres de formations, puisqu’on est aussi partie pour développer le centre de formation féminin. Avec 4 places de barragistes en 6 ans, même en 5 ans puisque l’année du Covid, il n’y en avait pas. Chaque fois, on titillait la montée sans passer la barre. On s’était fixé de monter dans les deux ans. Dès la première année, on a réussi, on est ravi, d’autant qu’on accueille de nouveaux investisseurs, qui auront passé beaucoup moins de temps en Ligue 2 que moi, et j’en suis ravi pour la famille Arnault et pour Red Bull. Nos nouveaux investisseurs vont se retrouver en Ligue 1 très vite. On a beaucoup de travail, mais on est très heureux. Avec notamment ce basculement à Jean-Bouin, qui va nous changer la vie.
Vous quittez Charletty sans regret ?
Sur le plan affectif, on est toujours attaché à un lieu, mais on sait très bien que Charléty ne réunit pas les conditions pour exercer au plus haut niveau. Déjà en Ligue 2, on bricolait un peu pour recevoir nos partenaires. Les supporters étaient très loin du terrain. A Jean-Bouin, on a un stade qui a à peu près la même contenance, 20 000, mais qui est beaucoup mieux adapté pour recevoir les supporters et les partenaires, qui sont de plus en plus nombreux.
Les filles joueront aussi quelques matchs à Jean-Bouin…
Elles restent à Charletty, mais joueront aussi quelques gros matchs à Jean Bouin, contre le PSG et Lyon, en Ligue des Champions… On va voir comment s’organiser. A propos des féminines, je tiens à souligner que c’est la seule équipe à avoir pris des points aux Lyonnaises la saison dernière, en faisant deux fois match nul, alors que toutes les autres équipes ont perdu leurs deux matchs.
Le centre d’entraînement va aussi s’agrandir…
On est en pleine négociations avec les collectivités locales, dans le 94 (ndlr : le centre d’entraînement du PFC se trouve sur la commune d’Orly) pour passer de 8 hectares aujourd’hui à une vingtaine. Pour passer de 4 à 8 ou 9 terrains d’entraînement dans les années à venir, avec dès cette nouvelle saison, des terrains supplémentaires.
Le centre d’entraînement va passer de 8 à 20 hectares
Vous arrivez en Ligue 1 sereinement, mais aussi prudemment…
Notre objectif est simple : c’est d’abord de se maintenir, ne pas avoir d’accident. Il ne faut pas tomber dans l’euphorie, on a des actionnaires puissants qui ont des ambitions élevées pour les années à venir, mais on n’a pas envie de brûler les étapes. On va y aller tranquillement. Avec beaucoup d’ambitions, mais tranquillement. En posant les bases d’un vrai beau projet pour demain.
Comment allez-vous vous différencier du PSG ?
On respecte beaucoup le PSG qui est un grand club. Je suis sûr qu’on va faire quelque chose de différent, parce qu’on est un club différent, plus populaire. Déjà, en terme de tarifs, le PSG a fait des choix que je respecte, mais on n’en est pas encore là au niveau des résultats sportif. Notre objectif est de remplir Jean-Bouin avec un public nombreux, qui aime à la fois le football masculin et le football féminin, avec des Ultras qui sont de plus en plus nombreux. On a envie d’un engouement autour du Paris FC, qu’on est en train de construire, avec pas mal d’initiatives pour fédérer nos supporters et donner de la place à nos Ultras, qui méritent. Ils nous ont accompagné pendant des années et parfois dans des moments difficiles. Là, on parle de la montée, mais on a eu aussi des moments difficiles. Nos Ultras étaient là et je suis ravi de pouvoir leur offrir à Jean-Bouin un cadre pour soutenir le club.
« J’espère bien que l’équipe première sera un réceptacle pour les jeunes. Sans aller jusqu’à se prendre pour Barcelone, s’inspirer de ce que fait La Masia »
On sent que le Paris FC dégage une image sympathique…
Il y a un vrai engouement autour de l’équipe. Cela faisait 40 ans qu’on attendait un deuxième club de Ligue 1 à Paris, on l’a fait. Si on ne pourra malheureusement pas continuer en Ligue 1, pour des raisons économiques, l’opération places gratuites nous a apportés un courant dont on bénéficie depuis plusieurs mois. On a bien travaillé dans le club pour fédérer ces supporters qui nous suivent. Le nombre d’abonnés, les réservations de loges… Aujourd’hui, tous les voyants sont au vert.
Une belle saison s’annonce pour le football francilien, avec 2 clubs en Ligue 1, le Red Star en Ligue 2 et aussi 3 clubs en National (Paris Atletico, Fleury et Versailles)…
Ça fait une belle richesse pour le foot francilien effectivement. 2 clubs en Ligue 1, 1 en Ligue 2, 3 en National… Le football francilien est en train de prendre un bel essor, tel qu’il l’a vécu il y a bien longtemps.
Le principal défi du Paris FC pour réussir son arrivée en Ligue 1 ?
Il est à la fois économique et sportif. Economique, on a la chance d’avoir des partenaires puissants aujourd’hui, déterminés à porter un projet très loin et très haut, mais c’est aussi grâce au travail fait depuis des années. Malgré les problèmes du football aujourd’hui, je pense qu’on sera présent. Du côté sportif, quelque soit le budget, il faut bien travailler. Je pense qu’on a un staff très compétent. On a bâti une équipe pour la Ligue 2 de grande qualité, il faut bâtir une équipe pour la Ligue 1, qui est un niveau beaucoup plus élevé. On sait que le cap entre les deux est très important. Il faut continuer à bien recruter*, et à former, parce que j’espère bien que l’équipe première sera un réceptacle pour les jeunes. Sans aller jusqu’à se prendre pour Barcelone, s’inspirer de ce que fait La Masia. Il faut continuer à travailler d’arrache-pied.
A moyen terme, l’objectif, c’est de jouer l’Europe ?
Vous avez entendu la famille Arnault ? A terme, l’idée est de s’installer dans le premier tiers du championnat. La Ligue 1 aujourd’hui, c’est la première partie qui joue l’Europe et le reste qui lutte pour se maintenir. L’ambition est de jouer dans la première partie, demain, pas tout de suite. Pour ça, il faut d’abord continuer à bien travailler pour se maintenir. Sans faire de folie, pour bâtir un projet durable.
Entretien réalisé avec Philippe Carnus
*A ce jour, l’ancien Nantais Moses Simon et le Rémois Nhoa Sangui sont les premières recrues du Paris FC, qui piste Valentin Rongier (OM), Benjamin André (Lille) ou encore Chancel Mbemba (OM).
Bonjour,
Merci pour cette super interview. Ça donne envie de suivre ce club moins bling blong que le psg.
Bravo pour votre site. Vous faites du journalisme, ça change !!!