Que devient Jean-Philippe Gatien ?

05/11/2026

Avec Let’s Ping, Jean-Philippe Gatien transmet aux entreprises son expérience du haut niveau. L’ancien champion poursuit aussi sa collaboration avec Cornilleau.

Jean-Philippe Gatien fait désormais jouer les salariés et teste du matériel de tennis de table. L’ancien champion du monde anime des conférences et des événements professionnels avec Let’s Ping, tandis que le fabricant français Cornilleau le sollicite pour sa communication et le développement de ses produits. L’équipementier indique qu’il a participé, en 2025, à des essais de raquettes de loisir et de tables de compétition.

Des conférences aux tables de jeu

Avec Let’s Ping, Gatien associe sa parole à la pratique. Il intervient sur la préparation des grands rendez-vous, le rebond après l’échec et la performance durable. Il accompagne ces conférences de défis, de démonstrations ou de tournois internes. Pour ces derniers, organisés sur plusieurs semaines, il prévoit une intervention au lancement puis un retour pour la finale. Les participants peuvent ainsi prolonger les échanges avec une raquette en main.

Les entreprises peuvent aussi le solliciter pour un séminaire ou une rencontre avec leurs clients. Gatien mobilise alors deux expériences : celle du joueur confronté au résultat et celle du dirigeant chargé de coordonner un projet collectif. Il présente ses conférences comme un moment associant inspiration et pratique du ping, autre nom du tennis de table. Les salariés l’écoutent expliquer une méthode, puis peuvent se retrouver autour des tables pour jouer ensemble.

« Je n’étais pas forcément le joueur qui m’entraînait le plus, mais probablement celui qui s’entraînait le mieux », explique-t-il. Il insiste sur la récupération, la préparation mentale et l’entourage. Gatien tire ainsi de sa carrière une réflexion sur l’organisation du travail et les conditions nécessaires pour tenir dans la durée. Il invite ses interlocuteurs à examiner leur préparation, la manière dont ils utilisent leur temps et les personnes sur lesquelles ils peuvent compter.

Chez Cornilleau, il apporte cette expérience à l’évaluation du matériel. Redevenu ambassadeur en mars 2025, un rôle de représentation du fabricant, il participe notamment à des contenus consacrés aux championnats de France. L’entreprise précise également sa contribution technique, avec les essais de raquettes et de tables réalisés cette année-là. Gatien intervient donc auprès des salariés qui découvrent sa manière de préparer une échéance et des équipes qui développent les instruments du jeu.

Il aborde aussi la conduite des projets collectifs lors de rencontres professionnelles. Dans une émission publiée le 11 mars 2026, il échange sur la gestion de la complexité avec des responsables de l’environnement de travail. Pour traiter ces questions de coordination, il peut puiser dans son expérience de la préparation olympique.

Après Paris 2024, la transmission

Gatien a quitté la direction des sports de Paris 2024 avant les Jeux. Le 27 janvier 2023, le comité d’organisation annonce son départ pour « raisons personnelles ». Aurélie Merle, jusque-là directrice des compétitions sportives, lui succède. Pendant les compétitions de l’été 2024, l’ancien pongiste, un joueur de tennis de table, avait donc déjà tourné cette page professionnelle.

Il avait rejoint la direction des sports du comité de candidature en août 2015, avant d’occuper la même fonction au comité d’organisation. Avec les fédérations françaises et internationales, il travaillait sur la programmation et les conditions d’accueil des compétitions. Il avait également participé à la sélection des sports additionnels, les disciplines ajoutées au programme de cette édition : surf, escalade, skateboard et breaking, une danse issue du hip-hop.

Dans cette fonction, Gatien avait notamment discuté avec la Fédération internationale de basket autour des sites de compétition. Il avait négocié avec des interlocuteurs aux exigences différentes, dans un projet où chaque fédération défendait les besoins de sa discipline. Lorsqu’il intervient aujourd’hui auprès des entreprises, il dispose de cette expérience de coordination, acquise après sa carrière de joueur.

Il aborde aussi les limites de l’engagement professionnel. Après l’annonce des sports additionnels, en février 2019, Gatien avait pris plusieurs mois de repos pour cause de burn-out, un épuisement professionnel, puis repris ses fonctions. Il intègre aujourd’hui à ses conférences une réflexion sur l’équilibre entre performance et bien-être. Lors de son départ de janvier 2023, le comité d’organisation avait invoqué des raisons personnelles.

« L’obsession n’est pas de travailler plus, mais de travailler mieux », défend-il. Gatien associe ainsi les méthodes acquises dans la compétition et la préparation olympique à une réflexion sur la récupération. Auprès de ses interlocuteurs, il traite ensemble la préparation du résultat et les conditions nécessaires pour soutenir l’effort.

Le Gossima, un précédent parisien

Gatien avait commencé à explorer d’autres usages du tennis de table bien avant ses responsabilités olympiques. En 2013, il était associé au projet du Gossima, un bar parisien où les clients viennent jouer. Avec d’autres anciens pongistes, il avait participé à la création de cet établissement, qui réunissait pratique sportive et lieu de rencontre.

Aujourd’hui, il utilise le Gossima pour les événements Let’s Ping. En réunissant des participants autour de ses tables, il retrouve un cadre de pratique auquel il était associé avant de rejoindre la candidature parisienne. Il prolonge ainsi une initiative qui invitait déjà les clients d’un bar à prendre une raquette. Entre cette expérience et ses animations actuelles, il a conservé un lien avec le tennis de table pratiqué pour le loisir.

Avec Cornilleau aussi, Gatien avait travaillé après la compétition. Le fabricant rappelle qu’il avait rejoint son siège de Bonneuil-les-Eaux après avoir été ambassadeur pendant sa carrière sportive. Il avait ensuite exercé des responsabilités dans la gouvernance du sport de haut niveau. Président du conseil d’administration de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), qui accompagne les sportifs de haut niveau, à partir de 2014, il avait annoncé son départ en décembre 2021. L’ancien basketteur Boris Diaw lui avait succédé en juillet 2022.

Gatien a ainsi accumulé des expériences dans une entreprise, un lieu de pratique et une institution publique. Il avait été sacré champion du monde à Göteborg le 23 mai 1993, après sa victoire contre le pongiste belge Jean-Michel Saive. Médaillé d’argent en simple, une épreuve individuelle, à Barcelone en 1992, puis de bronze en double, disputé par paires, avec Patrick Chila à Sydney en 2000, il a prolongé sa carrière sportive par plusieurs métiers.

Auprès du Sport a du Cœur

Gatien conserve également un engagement auprès des personnes en difficulté. L’association Le Sport a du Cœur le présente comme l’un de ses vice-présidents. À cette responsabilité s’ajoutent des déplacements pour faire connaître ses actions et accompagner des événements locaux.

Le 15 novembre 2025, il se rend à Beaune comme parrain du semi-marathon organisé à l’occasion de la Vente des vins. Il explique être venu promouvoir l’association, qui soutient des personnes en difficulté par une aide financière, matérielle ou humaine. Il associe ainsi sa présence à une course à un engagement solidaire.

Pendant ce déplacement, Gatien échange également avec Florian Joye, président du club local de tennis de table, et de jeunes licenciés. Il pose pour des photographies et signe des objets. Selon le responsable du club, Gatien dédicace des tee-shirts et des balles destinés au prochain loto des pongistes beaunois.

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Lucas Chambert suit le football étranger pour QuatreTroisTrois depuis 2021 : Premier League, Liga, Serie A et Bundesliga et même le football français ! Il compte quinze ans de métier dans le football, passés notamment par But, France Football et Le Quotidien du Sport. Il décrypte pour les lecteurs français les quatre grands championnats européens, leurs clubs et leurs enjeux. Pour le joindre : redaction@quatretroistrois.fr.

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