Rappelé de Clermont en février 2025, Jérémy Jacquet avait disputé 33 rencontres avec l’équipe première rennaise lorsqu’il a rejoint Liverpool. Rennes a porté son défenseur formé au club au sommet de ses ventes, après l’avoir prolongé jusqu’en 2029.
Le Stade Rennais tient son nouveau record. Le 2 février 2026, le club breton a annoncé le transfert de Jérémy Jacquet à Liverpool, avec une arrivée prévue durant l’été. Les dirigeants anglais ont accepté une opération pouvant atteindre 60 millions de livres sterling, soit environ 70 millions d’euros, bonus compris. Avec ces primes conditionnelles, Rennes a négocié la plus importante vente de son histoire en valeur globale annoncée.
Les Rennais ont dépassé la référence laissée par Jérémy Doku. En août 2023, ils avaient cédé l’ailier belge, un attaquant évoluant sur les côtés, à Manchester City pour une opération estimée autour de 65 millions d’euros. Trois ans plus tard, ils ont placé un défenseur central devant lui dans le classement de leurs ventes.
Les dirigeants bretons avaient défendu cette exigence pendant les discussions. Rennes réclamait une opération supérieure aux 55,4 millions de livres attribués au transfert de Doku. Liverpool a accepté une enveloppe maximale de 60 millions. Pour comparer les deux ventes, il faut donc retenir leur valeur totale annoncée, compléments éventuels inclus.
Sur la seule indemnité initiale, le classement reste plus incertain. Le montant rapporté pour Jacquet atteint 55 millions de livres, tandis que la ventilation du prix de Doku varie selon les estimations. Rennes occupe donc la première place en valeur potentielle, sous réserve de conserver ce périmètre dans la comparaison.
Les dirigeants anglais ont engagé cette somme pour un joueur qui commençait à s’imposer dans le championnat français. Avant d’examiner ce pari sportif, il faut distinguer ce qu’ils se sont engagés à verser et ce qu’ils pourraient payer en supplément.
Cinq millions de livres sous conditions
Liverpool a accepté une indemnité initiale de 55 millions de livres et jusqu’à 5 millions de bonus. Les dirigeants anglais ont subordonné cette seconde part à des conditions que les clubs n’ont pas détaillées dans leurs annonces.
En euros, les estimations publiées oscillent autour de 70 millions, certaines atteignant 72 millions au moment de l’accord hivernal. Liverpool a confirmé le recrutement sans publier le montant dans son communiqué. Le lecteur dispose donc d’une ventilation plus précise en livres sterling.
Rennes et Liverpool n’ont communiqué ni les critères des bonus ni leur éventuel déclenchement au 22 octobre. Les deux clubs n’ont pas davantage publié l’échéancier des versements. Leurs dirigeants ont convenu des modalités de paiement, sans en donner le calendrier dans leurs annonces.
On peut donc classer l’opération selon les engagements financiers rapportés, sans assimiler son montant maximal à la trésorerie reçue immédiatement par Rennes. Le club a négocié une enveloppe comprenant une part conditionnelle ; il percevra cette dernière si les objectifs prévus au contrat sont atteints.
Liverpool et le pari d’un défenseur de 20 ans
Liverpool a recruté Jacquet avec un recul encore limité. Le défenseur avait disputé 33 rencontres avec l’équipe première rennaise, dont 21 pendant la saison 2025-2026. Il avait alors 20 ans et a fêté ses 21 ans le 13 juillet.
Les recruteurs anglais l’avaient observé pendant son installation en Ligue 1, le championnat de première division français. Ils ont engagé une somme élevée pour un joueur qui devait encore confirmer ses performances sur plusieurs saisons. À ce stade de sa carrière, ils rémunéraient aussi une progression attendue.
Liverpool cherchait précisément à renouveler sa défense. Au moment de l’accord, les dirigeants devaient composer avec les incertitudes entourant l’avenir d’Ibrahima Konaté, proche du terme de son contrat, les blessures dans ce secteur et l’échec antérieur du recrutement de Marc Guéhi. Ils préparaient leur effectif dans ce contexte.
Chelsea discutait également avec Rennes. Selon les informations publiées au moment des négociations, le club londonien avait accepté les conditions financières du transfert, mais Jacquet préférait Liverpool pour ses perspectives de temps de jeu. Le défenseur a ainsi participé au choix de sa destination, tandis que Rennes pouvait dialoguer avec plusieurs acheteurs.
Le rôle exact de cette concurrence dans le prix final demeure inconnu. Les dirigeants rennais discutaient néanmoins avec deux clubs capables d’accepter les conditions demandées. Ils pouvaient défendre leur valorisation auprès de plusieurs interlocuteurs.
De Clermont au contrat jusqu’en 2029
Rennes avait consolidé sa position avant ces discussions. Le 26 mai 2025, le club a annoncé la prolongation de Jacquet jusqu’en 2029. Lorsque Liverpool s’est engagé, les dirigeants bretons avaient encore plus de trois années de contrat devant eux. Ils pouvaient négocier sans l’urgence d’une échéance proche.
Ils avaient auparavant organisé son accès au terrain. Jacquet avait signé son premier contrat professionnel en 2022, puis découvert la Ligue 1 contre Nice le 13 janvier 2024. Quelques jours après, le défenseur avait rejoint Clermont en prêt, une mise à disposition temporaire auprès d’un autre club.
Clermont l’a accueilli une première fois dès janvier 2024, puis de nouveau pour la saison suivante. Jacquet a disputé 24 rencontres pendant l’ensemble de ce passage, dont 17 en Ligue 2, la deuxième division, durant la saison 2024-2025.
Les deux clubs ont officialisé son retour anticipé en Bretagne le 3 février 2025. Rennes l’a installé dans son équipe : le défenseur a été titularisé onze fois, autrement dit aligné dès le début de la rencontre, entre le 8 février et le 17 mai. Les dirigeants l’ont prolongé quelques jours plus tard, après cette première séquence de présence régulière.
À Rennes, un maintien écourté par la blessure
Les Rennais avaient également obtenu de conserver Jacquet après la vente. Liverpool l’a recruté pendant l’hiver tout en le laissant terminer la saison en prêt en Bretagne. Rennes gardait ainsi un joueur régulièrement aligné dans son équipe.
Le défenseur s’est blessé presque aussitôt. Le 7 février, cinq jours après l’annonce, Jacquet a quitté la rencontre perdue à Lens avec une blessure à l’épaule. Son entraîneur, Habib Beye, a exprimé ses inquiétudes après le match. Rennes a ensuite confirmé qu’il manquerait le reste de la saison.
Les dirigeants bretons ont perdu une grande partie de la contribution sportive attendue de ce maintien. Liverpool a annoncé l’arrivée du joueur durant l’été, après sa rééducation. Les clubs n’ont pas publié les clauses médicales ou assurantielles permettant de connaître leur répartition précise du risque financier.
La part conservée après la vente
Rennes a formé Jacquet avant de le céder. Pour mesurer le gain économique de cette opération, il faudrait connaître les commissions, les frais associés au transfert et les bonus effectivement acquis. Les deux clubs n’ont pas publié ces éléments dans leurs annonces.
Les dirigeants rennais ont également financé le développement du joueur. Ils l’ont accompagné jusqu’au contrat professionnel et ont organisé ses prêts avant son installation en équipe première. Avec le seul prix de cession rapporté, on ne peut établir le bénéfice net de cette trajectoire.
Doku avait suivi un autre chemin jusqu’à Rennes. Le club l’avait recruté à Anderlecht, puis vendu à Manchester City. Lors de cette seconde transaction, les Rennais devaient tenir compte des droits négociés par le club belge au moment de son départ.
Anderlecht aurait obtenu un intéressement de 20% sur la plus-value, c’est-à-dire sur la différence entre les prix d’achat et de revente. Les dirigeants belges avaient ainsi conservé une participation financière à la valorisation future de leur ancien joueur.