5 preuves que Yamal est le meilleur joueur du monde

01/10/2026

Lamine Yamal n’a que 19 ans, mais le débat n’a plus lieu d’être. Palmarès, constance, grands rendez-vous : l’ailier du Barça est le meilleur joueur du monde.

Les votes du Ballon d’Or sont clos, le verdict tombera le 26 octobre à Londres. Inutile d’attendre la cérémonie : à 19 ans, Lamine Yamal est déjà le meilleur joueur du monde. Voici cinq preuves, et une réponse à ceux qui en doutent encore.

Il y a des débats qui vieillissent mal. Celui qui consiste à présenter Lamine Yamal comme « l’avenir du football » en fait partie. L’avenir, c’était l’an dernier, quand il terminait deuxième du Ballon d’Or 2025 derrière Ousmane Dembélé avec 1 059 points. Depuis, l’ailier du Barça a gagné la Liga, la Coupe du monde, et il a commencé la saison suivante à un rythme que seul Lionel Messi avait tenu avant lui.

Le présent porte donc son nom. Ceux qui hésitent encore à le dire confondent l’âge et le niveau. Ce n’est pas la même chose, et les faits de ces douze derniers mois suffisent à le démontrer.

1. Un palmarès qu’aucun joueur de son âge n’a jamais eu

Le 19 juillet, au MetLife Stadium, l’Espagne a battu l’Argentine 1-0 après prolongation. À 19 ans et 6 jours, Lamine Yamal est devenu le premier joueur de moins de 20 ans à détenir à la fois un Euro et une Coupe du monde. Pelé n’avait pas l’Euro. Messi a attendu 35 ans pour son Mondial.

On objectera qu’un titre se gagne à 26. C’est vrai. Mais il faut regarder le reste : trois Liga (2023, 2025, 2026), une Coupe du Roi, deux Supercoupes. Huit trophées collectifs avant d’avoir le droit de louer une voiture dans la plupart des pays européens.

Un chiffre résume cette domination. Avant la finale d’East Rutherford, Opta relevait qu’il avait gagné les douze matches disputés avec l’Espagne en grand tournoi. Douze sur douze. Le treizième, contre Messi, a suivi.

2. Une saison 2025-26 sans équivalent en Europe

Les chiffres d’abord, parce qu’ils ne se discutent pas. En 2025-26, Yamal a disputé 45 matches avec Barcelone pour 24 buts et 17 passes décisives. En Liga : 16 buts, 11 passes, et le titre de meilleur passeur du championnat. En Ligue des champions : 6 buts et 4 passes en 10 matches.

Le Barça était champion, et la Liga l’a désigné meilleur joueur de la saison. France Football relève qu’il affichait le meilleur ratio du championnat en buts et passes hors penalty par 90 minutes, et qu’il dominait de très loin le classement des passes réussies dans la surface.

Une soirée a tout dit. Le 28 février, contre Villarreal, il signe le premier triplé de sa carrière, dont un but en solitaire. Il devient le plus jeune auteur d’un triplé en Liga au XXIe siècle. Le Barça s’impose 4-1 dans un match qui pesait lourd dans la course au titre.

3. Un Mondial qui se lit entre les lignes des statistiques

C’est l’argument préféré de ses détracteurs : un but, contre l’Arabie saoudite, et aucune passe décisive en Amérique du Nord. Le bilan comptable est mince, personne ne le conteste. Mais le réduire à cela, c’est regarder le football avec une calculette.

Yamal a abordé le tournoi en sortant d’une blessure aux ischio-jambiers. Il a commencé sur le banc, puis il a repris son couloir droit. En quart, face à la Belgique, la FIFA l’a élu homme du match sans but ni passe. En demi, c’est lui qui provoque le penalty qui lance la victoire 2-0 contre la France. Avant la finale, il était le meilleur dribbleur du tournoi, avec 22 dribbles réussis.

En finale, le but vainqueur est de Ferran Torres. Yamal l’a lui-même raconté à beIN Sports : par sa seule conduite de balle, il a aspiré deux défenseurs argentins et libéré Pedro Porro pour le centre. Un meilleur joueur du monde se mesure aussi à cela : à ce qu’il oblige l’adversaire à abandonner.

4. Un début de saison qui le place dans les pas de Messi

Les champions du monde ont l’habitude de rentrer de l’été le souffle court. Yamal, lui, a accéléré. Trois doublés lors des cinq premières journées de Liga : au XXIe siècle, seul Lionel Messi avait réussi cette série, en 2012-13. Le dernier est tombé le 13 septembre à Levante (4-2).

Après huit matches toutes compétitions confondues, il comptait 8 buts et 6 passes décisives. Il était aussi le joueur le plus utilisé de l’effectif de Hansi Flick, avec 671 minutes, devant son capitaine Raphinha. Un détail qui n’en est pas un : on a longtemps présenté son corps comme sa fragilité.

La comparaison avec Messi est un piège pour tous les jeunes Barcelonais. Lui ne la subit pas. Il la nourrit, record après record.

5. Wembley et la Croatie : les grands soirs, même quand le vote est clos

Le 26 septembre, il a fallu moins de deux minutes. Marc Guéhi perd le ballon en dernier défenseur, Yamal le lui chipe, file et bat James Trafford du gauche. Selon Opta, l’Angleterre n’avait plus encaissé un but aussi tôt à Wembley depuis 1957. À 19 ans et 68 jours, il devient le plus jeune buteur en match officiel contre l’Angleterre dans ce stade, devant Patrick Kluivert à l’Euro 1996. L’Espagne gagne 3-2.

Trois jours plus tard, la Croatie : un doublé et une passe décisive dans une victoire 4-1. Les votes du Ballon d’Or avaient été clôturés la veille. Ce match ne lui rapportait rien dans la course au trophée. Il l’a joué comme une finale.

C’est peut-être la preuve la plus parlante. À Wembley, il enchaînait déjà un septième match décisif d’affilée, toutes compétitions confondues. Il compte aujourd’hui 35 sélections et 10 buts. Le meilleur joueur du monde n’est pas celui qui brille quand on le regarde. C’est celui qui brille tout le temps.

Ce qu’on peut lui opposer, et pourquoi cela ne suffit pas

Soyons honnêtes : le dossier a ses failles. Le Barça est sorti en quarts de finale de la Ligue des champions. Le jury du Mondial a élu Rodri meilleur joueur du tournoi, et Pau Cubarsí meilleur jeune. Kylian Mbappé, Harry Kane et Ousmane Dembélé figurent aussi parmi les nommés, avec des arguments solides.

Mais aucun d’eux ne coche toutes les cases à la fois : le titre national, le titre mondial, la distinction de meilleur joueur de son championnat, et une forme qui ne retombe pas après l’été. Yamal, lui, les coche toutes. À 19 ans.

Le Ballon d’Or dira ce qu’il voudra le 26 octobre. Le terrain, lui, a déjà voté.

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Gabriel Robert, ancien footballeur professionnel, est aujourd'hui un suiveur assidu de la Ligue 1.

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