Nico Williams, le plus dur commence maintenant

01/10/2026

Sacré champion du monde, Nico Williams aborde l’automne avec un statut immense et une fragilité physique qui interroge l’Athletic Club comme la sélection espagnole.

L’Athletic s’est vidé de ses internationaux cette semaine. Le club basque n’a aucun match officiel pendant deux semaines. Edin Terzić a donné quatre jours de repos à son groupe, sauf aux joueurs appelés en sélection. Parmi eux, trois partent avec l’Espagne : Unai Simón, Aymeric Laporte et Nico Williams.

Pour la Roja, ce rassemblement a une valeur particulière. Luis de la Fuente a publié le 18 septembre sa première liste depuis le titre mondial, avec quatre nouveaux joueurs. Mais l’ossature reste celle de l’été, portée par Unai Simón, Lamine Yamal, Rodri et Nico Williams. Il y a un an, l’ailier de l’Athletic ne venait plus en sélection : une pubalgie l’avait tenu éloigné des listes à partir de l’automne 2025. Aujourd’hui, il arrive avec la deuxième étoile sur le maillot.

Un été vécu en pointillé

Ce titre mondial ne dit pas tout de son été. Nico Williams a disputé le tournoi presque entièrement en tant que remplaçant. Il est arrivé aux États-Unis encore en convalescence : le 10 mai, contre Valence, il avait subi une lésion musculaire modérée aux ischio-jambiers de la jambe gauche. Cette blessure faisait suite à plusieurs mois perdus à cause d’une pubalgie persistante. À Guadalajara, face à l’Uruguay, une intervention de Nicolás de la Cruz dans le temps additionnel lui a causé une nouvelle lésion, à l’adducteur droit cette fois.

Il a pourtant pesé au moment décisif. Entré en jeu à la 75e minute de la finale contre l’Argentine, il a d’abord vu un but refusé pour une faute préalable de Mikel Merino. Puis, à la 106e minute, il a remis de la tête le ballon que Ferran Torres a transformé en but du titre. Au total, il a joué six matches, aucun comme titulaire, pour 108 minutes et une passe décisive. Le chiffre est faible, mais cette passe a donné la Coupe du monde à l’Espagne.

Terzić et un nouveau départ à Bilbao

À Bilbao, l’été a aussi été celui d’un changement d’entraîneur. Au moment du bilan de fin de saison, le président Jon Uriarte a qualifié l’exercice 2025-2026 de décevant. Ernesto Valverde est parti, Edin Terzić est arrivé. Le technicien allemand a démarré la préparation sans son ailier : blessé pendant le Mondial, Nico Williams n’avait pas de date de retour précise.

La reprise a été plus solide que prévu. Avant la réception de l’Atlético de Madrid, le 5 septembre, Terzić expliquait que son joueur avait beaucoup travaillé pendant la préparation et depuis la Coupe du monde, et il l’a titularisé. Le match lui a donné raison. Dès la 46e minute, Nico Williams a ouvert le score de la tête, et l’Athletic l’a emporté 3-0. C’était son premier but depuis le début du mois de mai, quand il avait inscrit un doublé contre Alavés.

Il a ensuite rendu hommage à son entraîneur. Selon lui, quelques consignes données à la pause avaient suffi à changer le cours du match, et le groupe était encore en train d’assimiler les nouvelles idées de jeu. Il a ensuite été titularisé contre Elche (1-1) puis contre Alavés (0-0). Il aborde la trêve avec quatre titularisations en Liga et un but, sans rechute signalée. Depuis un an, il n’avait jamais aligné une série aussi régulière.

Un contrat jusqu’en 2035 et un marché qui insiste

Son avenir reste un sujet dans la presse, mais le joueur n’a pas varié. En juillet 2025, il avait refusé le FC Barcelone pour prolonger de huit saisons, jusqu’au 30 juin 2035. Sa clause libératoire était alors passée de 58 à près de 90 millions d’euros. Le 19 juin dernier, en plein Mondial, il a répété au micro d’El Larguero, sur la Cadena SER, qu’il souhaitait aller au bout de ce contrat. Il a seulement reconnu qu’un départ serait possible si le club décidait un jour de le vendre.

Pendant l’été, des médias ont pourtant relayé l’intérêt d’Arsenal, de Liverpool puis de Chelsea. Le club basque n’a jamais confirmé avoir reçu une offre formelle, et aucun chiffre officiel de clause n’a été publié. Le mercato s’est refermé sans départ.

Son salaire a suivi cette ascension. Selon Fabrizio Romano, son package approche 10 millions d’euros nets par an depuis la prolongation. Foot Mercato, qui compte en brut, avance 16,67 millions d’euros annuels, ce qui ferait de lui le joueur le mieux payé de l’effectif. L’écart vient du mode de calcul et des primes, et aucun montant officiel n’a été communiqué. Au moment de ses débuts professionnels, en avril 2021, sa rémunération était estimée à environ 3,5 millions d’euros bruts.

Les étapes d’une ascension

Sa progression s’est faite par étapes nettes. En 2022-2023, il marque 9 buts en 43 matches et devient titulaire. En 2023-2024, il ajoute 16 passes décisives et reçoit le titre de meilleur joueur de la finale de la Coupe du Roi gagnée contre Majorque, un trophée qui mettait fin à quarante ans d’attente pour le club. Le 14 juillet 2024, à Berlin, il ouvre le score de la finale de l’Euro contre l’Angleterre et l’UEFA le désigne homme du match. Nike en fait ensuite l’un de ses nouveaux visages européens, pour un montant jamais rendu public.

Cette ascension a commencé bien avant le football professionnel. Dans le documentaire Los Williams, disponible sur Netflix, et dans plusieurs entretiens, les deux frères ont raconté le parcours de leurs parents, originaires du Ghana. Ils ont traversé le Sahara au début des années 1990, sont arrivés à Melilla, puis ont été orientés vers le Pays basque grâce à un réseau caritatif et au prêtre Iñaki Mardones. Après la finale, Iñaki a adressé un message à son frère : il l’y remerciait d’avoir rendu fiers des millions d’immigrés comme leurs parents.

Cette histoire se voit jusque dans des détails. Après l’Euro 2024, Nico Williams s’est offert une Porsche 911 GT3 d’environ 220 000 euros. Il ne l’a achetée qu’après avoir obtenu l’accord de sa mère, comme le voulait une promesse familiale. Ses proches continuent de fixer des limites à un joueur devenu riche très jeune.

La vraie question de l’automne

Nico Williams a 24 ans depuis le 12 juillet. Il est champion d’Europe et champion du monde, et il est lié à son club formateur pour neuf saisons encore. Tout le reste de sa carrière dépend désormais de son physique. Depuis septembre 2025, il a enchaîné les douleurs aux adducteurs, une pubalgie, une lésion aux ischio-jambiers et une nouvelle blessure à l’adducteur pendant le Mondial. Le mois de septembre qui s’achève est donc surtout une bonne nouvelle : il a joué, il a marqué, et il n’a pas eu de rechute.

La suite dépendra moins de son talent, que personne ne conteste, que de la manière dont ses minutes seront gérées entre Bilbao et la sélection. Terzić a besoin de lui pour relancer l’Athletic. De la Fuente veut le garder dans l’équipe championne du monde. L’objectif de cet automne est modeste pour un joueur de son niveau : enchaîner les matches sans se blesser.

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Lucas Chambert, passé par But et France Football, arpente les pelouses des stades français depuis 15 ans.

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