Dunkerque : les 10 meilleurs joueurs de l’histoire du club

12/10/2026

Qui sont les meilleurs joueurs de l’histoire de l’USL Dunkerque ? De Garnier à Boudaud, retour sur dix noms qui ont marqué cent quinze ans de football nordiste.

Dans un football où la loyauté d’un joueur se mesure désormais en mois, l’USL Dunkerque compte un siècle de noms qui reviennent toujours. Ce classement des dix meilleurs joueurs du club nordiste divise par nature, entre générations qui n’ont pas vu les mêmes matchs ni traversé les mêmes crises. Cent quinze ans d’histoire, deux faillites, un record de longévité en Division 2 jamais égalé : le palmarès est mince, les mémoires ne le sont pas. Ce désaccord potentiel est ce qui donne à l’exercice toute sa valeur.

A LIRE
Estéban Lepaul, la nouvelle star

300 matchs, un seul maillot

Ce soir-là, au Stade Marcel-Tribut, Dimitri Boudaud s’est retrouvé seul au centre du terrain, sous les applaudissements d’une tribune qui comptait des supporters l’ayant vu jouer au quatrième échelon amateur et d’autres qui ne l’avaient connu qu’en Ligue 2. La scène s’est produite le 13 avril 2026. Le club venait de lui remettre une distinction officielle pour ses 300 matchs sous le maillot dunkerquois, un total que personne, dans l’histoire de l’USL Dunkerque, n’avait atteint avant lui.

Boudaud est arrivé en 2009 depuis Montceau-les-Mines, club bourguignon alors évoluant au sixième échelon national. Il avait vingt-deux ans et aucune garantie professionnelle. En treize saisons, il a disputé six niveaux de compétition différents avec le même club et inscrit 28 buts en compétitions officielles nationales, selon Transfermarkt. Wikipedia recense 33 buts en intégrant l’ensemble des compétitions, y compris régionales. L’écart tient au périmètre retenu, pas à une erreur de source.

Il a pris sa retraite sportive en juillet 2022 au FC Loon-Plage, commune limitrophe de Dunkerque. Treize ans, un seul club principal. Dans la Ligue 2 2025-2026, la durée moyenne d’un joueur dans le même club est inférieure à deux saisons selon les données agrégées de Transfermarkt pour les ligues professionnelles françaises.

Ce n’est pas le record qui explique la cérémonie du 13 avril. C’est ce que le record traverse : une faillite, une reconstruction de seize ans, six divisions, deux promotions.

Seize ans d’absence, puis la remontée

Boudaud est arrivé dans un club qui se reconstruisait depuis sa propre disparition. L’USL Dunkerque avait déposé le bilan en 1996, après une dernière saison en Division 2 où le club avait accumulé trente ans d’appartenance consécutive à ce niveau, un record en France à l’époque. La reconstruction a duré seize ans.

En 2013, le club remporte le titre de champion de CFA, le Championnat de France amateur, cinquième échelon national à l’époque. La Fédération française de football entérine la montée en National, la troisième division. C’est la première fois depuis 1996 que Dunkerque retrouve ce niveau. Nicolas Huysman, ancien joueur formé au club dans les années 1980 reconverti en entraîneur puis directeur général, est à la manœuvre depuis 2002.

En 2020, l’USLD monte en Ligue 2. Vice-champion de National, le club accède au deuxième échelon pour la première fois depuis vingt-quatre ans. Boudaud, trente-trois ans, signe son premier contrat professionnel. La même année où il découvre le professionnalisme, les Bleu et Blanc jouent à Toulouse, Caen et Grenoble.

Ces deux montées, 2013 et 2020, ne sont pas des accidents de calendrier. Elles sont le produit d’une reconstruction délibérée, menée sans budget de Ligue 1 ni recrutement spectaculaire. Boudaud en est le fil conducteur visible ; mais les joueurs qui ont quitté le club avant d’y revenir, ou qui ne sont jamais revenus, disent autre chose de l’équation dunkerquoise.

Blanchard à la Juventus, Camara à Laval : le club qui forme et perd

En 2009, pour son centenaire, l’USL Dunkerque organise un vote populaire pour désigner le meilleur joueur de son histoire. Jocelyn Blanchard arrive en tête. Né à Bray-Dunes en 1972, formé et révélé par le club sous Alex Dupont, il n’y a passé que trois saisons, de 1992 à 1995, pour 106 matchs et 10 buts en championnat. Il est ensuite parti à Metz, puis à la Juventus de Turin en 1998, où il a disputé douze matchs de Serie A et de Ligue des champions. Puis Lens, 127 matchs. Puis six saisons à l’Austria Vienne, 197 matchs.

Un joueur formé à Dunkerque, élu meilleur joueur du siècle par ses supporters, a passé plus de matchs en Autriche qu’au bord de la mer du Nord. Ce fait ne s’explique pas par une brouille. Il s’explique par une équation économique simple : le club n’a jamais eu les moyens de retenir ce qu’il produisait.

Souleymane Camara, surnommé « Gaucher », est né à Dakar en 1944. Il arrive à Dunkerque en 1970 et y inscrit 46 buts en 144 matchs, le deuxième total historique du club. En 1975, il rejoint le Stade lavallois, avec lequel il participe à la montée en D1. Nicolas Huysman père quitte lui aussi le club en 1990, après 171 matchs et 16 buts, pour une carrière de 537 matchs de championnat dont 285 en première division avec Metz, Caen et Le Havre.

Trois des cinq joueurs les plus marquants de l’histoire de Dunkerque ont fait l’essentiel de leur carrière ailleurs. Le club les a formés ou révélés. Ce mouvement permanent entre formation et départ pose une question que les chiffres bruts de Garnier posent différemment.

78 buts, 134 matchs et absent du podium

Jean-Claude Garnier est le meilleur buteur de l’histoire de l’USL Dunkerque avec 78 réalisations en 134 matchs, répartis sur deux passages : 1971-1973 et 1977-1978. En 1978, il termine meilleur buteur de D2 dans le groupe B, l’ancienne deuxième division était alors scindée en deux poules géographiques, avec 23 buts, une performance sans équivalent dans l’histoire statistique du club.

Son ratio de 0,58 but par match est le meilleur de tous les joueurs cités dans ce classement. Matthieu Hoguet, deuxième en termes d’efficacité, atteint 0,38 but par match, soit 30 buts en 78 apparitions entre 2009 et 2013, lors du cycle de montée en CFA puis en National.

Garnier n’occupe pas le sommet de ce classement. La raison est arithmétique : ses deux passages cumulés représentent moins de quatre saisons au club. Boudaud en a accumulé treize. La question de savoir lequel des deux pèse davantage dans la mémoire dunkerquoise, celui qui a tout marqué ou celui qui est toujours resté, est celle que ce classement pose sans prétendre y répondre définitivement.

Les supporters qui ont vu Garnier inscrire son 23e but de la saison en 1978 et ceux qui ont suivi Boudaud en CFA3 n’ont pas vécu le même club. En 2009, c’est Blanchard, pas Garnier, que le vote populaire a placé en tête.

Un terrain porte son nom. L’autre a mené 2-0 au PSG.

À Coudekerque-Branche, commune de l’agglomération dunkerquoise, un terrain de football porte le nom de Nicolas Huysman. Pas un stade, pas une salle omnisports, un terrain. Huysman n’a jamais gagné de titre national comme joueur ni comme entraîneur. Le terrain a été baptisé à son nom parce qu’il a fait remonter le club en CFA à deux reprises entre 2002 et 2016, et parce que son fils Jérémy, né à Malo-les-Bains, 238 matchs sous le maillot dunkerquois, troisième joueur le plus capé de l’histoire du club, a prolongé cette présence familiale jusqu’en décembre 2024, date de sa retraite au FC Loon-Plage.

Le 1er avril 2025, l’USL Dunkerque dispute la demi-finale de la Coupe de France contre le Paris Saint-Germain au Stade Pierre Mauroy de Villeneuve-d’Ascq, l’enceinte de 50 000 places du LOSC utilisée ce soir-là faute de capacité suffisante au Stade Marcel-Tribut. Pour en arriver là, le club a éliminé Auxerre en 32e de finale (1-0), le LOSC en huitièmes de finale sur cette même pelouse (1-1, 5-4 aux tirs au but), puis Brest en quarts (3-2, après avoir été menés 2-0), trois clubs de Ligue 1. Dunkerque mène 2-0 à la 27e minute face au PSG. Le champion de France finit par s’imposer 4-2.

Un club de Ligue 2, budget limité, stade emprunté, mène de deux buts au champion de France en titre en demi-finale de Coupe nationale. Le lendemain, le Stade Marcel-Tribut était toujours à Dunkerque, avec moins de 5 000 places.

Image placeholder

Laisser un commentaire