Que devient Brahim Asloum ?

27/09/2026

Champion olympique en 2000, ex‑champion du monde WBA, Brahim Asloum partage aujourd’hui son expérience entre jeunesse, boxe amateur et business du sport.

Dans le gymnase du lycée Pierre‑de‑Coubertin, à Nancy, plus de 200 élèves de section sportive l’écoutent un matin de janvier 2026. Brahim Asloum porte un blazer sombre, des baskets blanches et un micro HF, loin du short bleu et des gants rouges de Sydney 2000. À la question « c’est comment d’être champion olympique ? », posée par un lycéen de première, il répond en parlant de Champfleuri, son quartier de Bourgoin‑Jallieu, et de ses parents algériens. Vingt‑cinq ans après l’or des mi‑mouches, le seul Français champion olympique et champion du monde WBA se présente en parrain de sections sportives, entrepreneur et conférencier, avec derrière lui une trajectoire restée singulière dans la boxe française.

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À Nancy, en janvier 2026, Brahim Asloum parle davantage de son collège de Bourgoin‑Jallieu que du podium de Sydney. L’ancien champion olympique des mi‑mouches, 45 ans, parraine des sections sportives, anime des séminaires de « Boxing Business Class » pour des entreprises et reste associé à plusieurs projets dans le sport. Sa fin de carrière, marquée par un conflit avec Canal+, reste l’un des dossiers les plus rugueux de la boxe française des années 2000. Entre or olympique, reconversion commerciale et engagements de terrain, une question demeure : que devient aujourd’hui Brahim Asloum ?

Un parrain au bord du terrain

Le 20 janvier 2026, le lycée Pierre‑de‑Coubertin de Nancy annonce que Brahim Asloum devient le parrain de ses sections sportives. L’établissement évoque une matinée de deux heures avec plus de 200 élèves, issus des filières football, handball, volley‑ball et athlétisme, réunis dans le gymnase.

L’ancien boxeur y retrace son titre de Sydney 2000, son titre de champion du monde WBA en 2007 et sa retraite annoncée en 2010, mais insiste sur ses débuts à Champfleuri, à Bourgoin‑Jallieu, au sein d’une fratrie de dix enfants de parents algériens. Il décrit la boxe comme un « ascenseur social », formule qu’il emploie depuis des années lorsqu’il intervient auprès des jeunes.

Ces échanges portent autant sur le rythme des entraînements que sur les échecs, avec un discours centré sur le travail et la persévérance. Cette rencontre s’ajoute à d’autres invitations du même type, dans des collectivités, des établissements scolaires ou des opérations autour du sport de haut niveau.

De champion à dirigeant de club

Depuis le début des années 2020, le nom de Brahim Asloum apparaît dans les communications du Levallois Sporting Club. Le club a annoncé qu’il prenait la direction générale de la structure. Des publications ultérieures montrent qu’un lien durable s’est installé avec Levallois, même si sa situation exacte n’est pas documentée de la même manière à chaque période récente.

Son nom reste associé à la section Handiboxe du club, « Les Gants du Cœur », engagée dans des actions autour du handicap. Cette présence dans un grand club francilien dit quelque chose de sa seconde vie : moins de lumière télévisée, davantage d’ancrage institutionnel et de travail de terrain.

Des clubs amateurs publient aussi des images de ses visites, indiquant qu’il vient assister à des entraînements, tenir les pattes et discuter avec les jeunes licenciés. Ces déplacements prolongent une présence dans les salles, au moment même où sa vie professionnelle s’est déplacée vers le management, l’événementiel et la prise de parole publique.

Une galaxie de sociétés autour de son nom

En parallèle, Brahim Asloum a créé et développé plusieurs structures commerciales depuis le milieu des années 2010. Il se présente comme président d’Asloum Event depuis 2014 et fondateur de « Boxing Business Class by Brahim Asloum » depuis 2019.

Asloum Event organise des galas de boxe et des soirées sportives, notamment autour de la franchise Fighting Roosters, lancée pour mettre en avant de jeunes boxeurs français. Dans ses entretiens, il explique avoir structuré cette activité pour proposer aux entreprises autre chose qu’une simple conférence d’ancien champion, avec des formats mêlant prise de parole, accompagnement et événementiel.

Les supports de « Boxing Business Class » présentent ces interventions comme une approche de formation articulée autour de la motivation, de la cohésion et de la gestion de la pression. Lui dit qu’il ne souhaite « jamais faire quelque chose qui ne [lui] plaise pas » et relie cette ligne de conduite à la création de ses propres structures.

Cette reconversion entrepreneuriale revient dans plusieurs portraits publiés ces dernières années. La réponse à la question « que devient Asloum ? » tient souvent en trois blocs : conférences, organisation d’événements et interventions ponctuelles dans l’écosystème de la boxe.

Un consultant passé par la radio et la télévision

Après sa retraite, Brahim Asloum a aussi occupé une place de consultant de boxe dans l’audiovisuel. Plusieurs portraits publiés ces dernières années rappellent ses passages sur RMC Sport, dans des émissions spécialisées et sur des rendez‑vous du week‑end.

Il a commenté la boxe aux Jeux de Rio 2016 puis de Tokyo 2020. Les éléments disponibles permettent d’attester cette activité, sans qu’il faille pour autant la présenter comme un poste fixe inchangé jusqu’en 2026.

Dans un entretien consacré à sa reconversion, il explique avoir préparé ces grandes compétitions « comme un combat », en parlant de « trois ou quatre mois de préparation » avec apprentissage de textes et travail de diction. À l’approche des Jeux de Paris 2024, il dit voir « quatre médailles » possibles pour l’équipe de France de boxe, deux chez les hommes et deux chez les femmes.

Dans une autre prise de parole, il se dit « fan et fier » de boxeurs comme Sofiane Oumiha et rappelle qu’ils « viennent des quartiers » comme lui. Ce discours, tenu à distance des slogans, reste l’une des constantes de sa parole publique depuis quinze ans.

Champfleuri, fratrie et premier gala

Les biographies disponibles fixent les mêmes repères. Brahim Asloum naît en 1979, quatrième d’une fratrie de dix enfants, dans une famille algérienne installée à Bourgoin‑Jallieu, en Isère.

À 14 ans, il assiste à un gala de boxe dans sa ville et s’inscrit aussitôt au club local. Il enchaîne ensuite les combats amateurs, jusqu’à rejoindre l’INSEP après avoir été repéré par la Fédération française de boxe.

Lorsqu’il revient sur son parcours, il répète que « la boxe est un ascenseur social » et qu’elle lui a permis de quitter Champfleuri pour gagner Sydney, puis les rings professionnels. Le gymnase du quartier porte désormais son nom.

Sydney 2000, l’or et les larmes

Le 1er octobre 2000, à Sydney, Brahim Asloum affronte l’Espagnol Rafael Lozano en finale olympique des mi‑mouches. La boxe française n’a plus connu de champion olympique depuis les Jeux de Berlin de 1936.

La finale, disputée au Sydney Convention and Exhibition Centre, se termine par une victoire aux points du Français. Les images le montrent en larmes au moment de la décision et sur le podium pendant la Marseillaise.

À 21 ans, il devient le premier champion olympique français de boxe depuis 64 ans. Ce succès reste le point de départ de presque tous les portraits qui lui sont consacrés, qu’ils soient sportifs, généralistes ou plus grand public.

Europe, mondiaux manqués et obstination

En 2001, il passe professionnel et choisit de boxer chez les mouches plutôt qu’en mi‑mouches. En 2002, il devient champion de France de cette catégorie, puis champion d’Europe en 2003, titre qu’il conserve ensuite face à des adversaires comme l’Espagnol José Lopez Bueno.

Le 5 novembre 2005, il affronte le Vénézuélien Lorenzo Parra pour la ceinture WBA des mouches et s’incline. En mars 2007, il vise la ceinture WBO face à l’Argentin Omar Andres Narvaez, sans plus de réussite.

Après ce deuxième revers mondial, il déclare : « On tentera une troisième fois. Et si cette troisième fois n’est pas la bonne, on continuera encore. » Cette phrase revient souvent lorsqu’il est question de son caractère et de son rapport à l’échec.

2007, ceinture WBA et doublé unique

En 2007, Brahim Asloum redescend en mi‑mouches, sa catégorie de poids d’origine. Il affronte l’Argentin Juan Carlos Reveco pour le titre WBA des mi‑mouches.

Le combat se conclut par une victoire aux points du Français, qui devient champion du monde WBA. Il est alors le premier boxeur français à réunir un titre olympique et une ceinture mondiale majeure chez les professionnels.

Des synthèses plus récentes rappellent qu’il reste le seul Français à avoir réalisé ce doublé. Ce point de palmarès demeure l’argument central de sa singularité sportive.

Canal+, procès et retraite

La fin de sa carrière professionnelle est étroitement liée à sa relation avec Canal+, diffuseur de ses combats. En 2008, un combat prévu contre le Mexicain Giovanni Segura au Cannet est annulé dans un contexte de retrait progressif de la chaîne.

En 2010, il annonce sa retraite dans Stade 2, sur France 2, en parlant d’« impasse » en l’absence de diffuseur prêt à financer ses combats. Il saisit ensuite le tribunal de commerce de Paris, accusant Canal+ d’avoir rompu de manière fautive et abusive une relation commerciale commencée en 2001.

La justice condamne finalement la chaîne à lui verser 740 000 euros. Cette séquence laisse l’image d’une sortie sans grand combat d’adieu, avec pour dernier adversaire non un boxeur, mais un diffuseur et un contrat.

Engagements fédéraux, handicap et ville

Après sa carrière, Brahim Asloum s’est engagé dans la gouvernance de son sport. Plusieurs textes rappellent qu’il a occupé des responsabilités au sein de la Fédération française de boxe. La prudence reste toutefois nécessaire sur la formulation exacte de ses fonctions selon les périodes.

Ce qui est établi, en revanche, c’est sa candidature à la présidence de la Fédération en 2020, finalement battue par Dominique Nato, son ancien entraîneur. Cet épisode dit sa volonté de ne pas rester à la périphérie du milieu.

À Levallois, son nom reste associé à la section Handiboxe « Les Gants du Cœur », engagée dans des actions autour du handicap. En 2024, il participe aussi au Salon des maires et des collectivités locales comme ambassadeur de WIIT, un concept de structures d’entraînement en plein air pour le fitness et les sports de combat. Il y anime une séance de démonstration en expliquant vouloir « faire du sport partout ».

Il ne revendique pas de mandat politique, mais intervient régulièrement là où le sport est présenté comme outil d’accès, de cohésion ou de prévention.

Une notoriété discutée

Pour le grand public, Brahim Asloum reste le jeune homme en larmes de Sydney, le champion WBA 2007 et le consultant passé par les grandes soirées de boxe. Il a joué le rôle principal dans le film Victor Young Perez, sorti en 2013, et a fait une apparition dans la série Nos chers voisins sur TF1 en 2014.

Des observateurs rappellent toutefois que certains amateurs de boxe l’ont jugé peu populaire, en raison de ses relations avec Canal+ et de certains choix de carrière. Les mêmes analyses reconnaissent que son doublé olympique et mondial demeure unique dans l’histoire française.

En 2024, il est interrogé sur son parcours de fils d’Algériens ; il y dit qu’il sait « ce que la France [lui] a apporté », tout en évoquant les discriminations subies par les enfants de l’immigration. Cette parole prolonge celle qu’il tient depuis des années sur la boxe comme « ascenseur social » pour les jeunes de quartiers populaires.

À 45 ans, Brahim Asloum n’est donc ni un ancien champion effacé ni un dirigeant entièrement institutionnalisé. Il occupe un entre‑deux rare : encore appelé pour parler aux jeunes, présent dans le sport adapté, actif dans l’événementiel et toujours ramené, quoi qu’il fasse, à ce matin d’octobre 2000 où un boxeur de 21 ans pleurait sur un podium australien.

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