PSG : Luis Enrique intéressé par Lucas Da Cunha

29/09/2026

Selon nos informations, le Paris Saint-Germain suit de près la progression de Lucas Da Cunha. Le club de la capitale a pris langue avec Côme et envisage de recruter son capitaine l’été prochain pour renforcer un milieu de terrain laissé intact lors du dernier mercato.

Le timing n’a rien d’un hasard. Lundi soir à Bruxelles, Lucas Da Cunha a joué son premier match avec l’équipe de France comme s’il y avait toujours été. Positionné en sentinelle dans le 4-3-3 de Zinédine Zidane, entre Eduardo Camavinga et Maghnes Akliouche, le milieu gaucher a distribué le jeu des Bleus pendant quatre-vingt-dix minutes. Il a touché le poteau à la 53e et quitté la pelouse sous les éloges, après une victoire 1-0 signée Michael Olise.

Eurosport lui a attribué la meilleure note du soir, 7, à égalité avec Désiré Doué. Zidane, lui, a assuré au micro de TF1 que le joueur n’était « pas une découverte » pour lui. À Paris, on n’a pas attendu cette soirée pour le découvrir non plus.

A LIRE
Estéban Lepaul, la nouvelle star

Recalé à Lyon, capitaine à Côme

Le parcours de Da Cunha ressemble à un détour qui aurait fini par devenir un raccourci. Né à Roanne le 9 juin 2001, il est testé sans suite par l’OL, Saint-Étienne et Dijon, avant que le Stade Rennais ne le recrute à 15 ans. Il y signe pro à 16 ans et remporte le titre national U17 en 2018.

Suivent Nice, un prêt à Lausanne, un autre à Clermont, puis un départ en Serie B en janvier 2023. Nice le cède à Côme pour 500 000 euros. Le club lombard lutte alors pour son maintien. Cesc Fàbregas est encore joueur. Devenu entraîneur, l’Espagnol recule l’ailier d’un cran et en fait un milieu axial. Le reste suit : montée en Serie A en 2024, brassard à l’été 2025.

La saison 2025-2026 fait basculer sa carrière. Trente-six matches de Serie A, trente et une titularisations, six buts, quatre passes décisives. Le 24 mai, lors de la dernière journée, il signe un doublé à Crémone (1-4). Côme termine quatrième, devant la Juventus et l’AC Milan, et décroche la première qualification de son histoire en Ligue des champions.

Le 10 septembre, pour la première soirée européenne du club, Côme écrase le RB Leipzig 4-1 au Sinigaglia. Huit jours plus tard, Zidane l’appelle en équipe de France pour sa toute première liste, aux côtés de quatre autres novices. À 25 ans, le joueur résume lui-même le chemin : il y a quelques années, il était en deuxième division.

Un gaucher qui fait respirer le jeu

Ce qui séduit Paris tient en une qualité rare : Da Cunha accélère le jeu sans le brusquer. 1,74 m, un pied gauche très sûr, une lecture qui lui permet d’orienter la circulation vers le côté faible. Face à la Belgique, Eurosport a relevé toute la palette : jeu court, jeu long, passes de l’extérieur, et un marquage appliqué sur Kevin De Bruyne. Zidane a insisté sur ses sorties de balle, propres et rapides.

C’est précisément le registre que Luis Enrique exige de ses milieux. Au PSG, la possession n’est pas une fin en soi. Elle sert à attirer le pressing adverse pour mieux le dépasser, ce qui suppose des joueurs capables de jouer dos au but sous pression et de casser une ligne d’une seule passe. Vitinha tient ce rôle au cœur du dispositif. Fabian Ruiz, gaucher lui aussi, en est la version plus lente et plus âgée : l’Espagnol a eu 30 ans en avril.

Da Cunha offre un autre atout : la polyvalence. Formé ailier, il a joué meneur, relayeur et, depuis peu, sentinelle. Pour un entraîneur qui fait tourner ses milieux dans un même match, c’est un argument. Reste une question que les recruteurs parisiens ont forcément posée : son gabarit léger peut-il tenir dans les duels de Ligue des champions, sur un calendrier à soixante matches ?

Un milieu verrouillé, un renouvellement qui se prépare

Sur le papier, le PSG n’a besoin de personne. Double champion d’Europe en titre, il a refusé cet été d’ouvrir la porte à Vitinha, João Neves, Fabian Ruiz ou Warren Zaïre-Emery, malgré les approches du Real Madrid pour les deux Portugais. Ruiz a même prolongé, selon Fabrizio Romano. Les renforts de l’intersaison, Lucas Digne, Mika Godts, Maghnes Akliouche et Ferran Torres, ont tous concerné la défense et l’attaque.

Mais la cellule de Luis Campos travaille déjà sur l’après. Ce quatuor joue ensemble depuis trois saisons, et la rotation reposait jusqu’ici sur des solutions de fortune, comme Lucas Beraldo repositionné en sentinelle. Plusieurs noms ont circulé dans la presse ces derniers mois : Manu Koné, Eduardo Camavinga, Adam Wharton, Martin Zubimendi. Aucun de ces dossiers n’a dépassé le stade de l’intérêt.

Le marché explique aussi l’intérêt pour Da Cunha. Cet été, Manchester City a dépensé plus de 100 millions d’euros pour chacun de ses milieux recrutés, Elliot Anderson, Enzo Fernández et Ayyoub Bouaddi, selon Livefoot. Le Français de Côme coûterait une fraction de ces sommes. Le profil correspond aussi à une ligne de conduite : Campos aime miser sur des internationaux français en devenir, de Désiré Doué à Akliouche.

Le début de saison, enfin, a révélé quelques fragilités. Après cinq journées, Paris n’était que sixième de Ligue 1 avec huit points.

Côme, un club qui ne vend pas

Le principal obstacle se trouve sur les rives du lac. Adossé au groupe indonésien Djarum des frères Hartono, Côme n’a aucun besoin de vendre, et il l’a prouvé. L’hiver dernier, le club a repoussé une offre de l’OM estimée à 20 millions d’euros, selon Sky Sport. En juin, il a éconduit l’Atlético de Madrid, selon Gianluca Di Marzio et RMC.

Le 22 juillet, Côme a verrouillé son capitaine jusqu’en 2031. Aucune clause libératoire n’a été rendue publique. Le joueur déclarait alors avoir trouvé « une famille avant une équipe ». Un an à peine après cette signature, un départ demanderait donc une offre très au-dessus des 20 millions d’euros refusés à Marseille, d’autant que sa cote grimpe depuis ses débuts en Bleu.

La concurrence n’a pas disparu. L’Atlético peut revenir à la charge, et une saison pleine en Ligue des champions attirera d’autres regards. Reste enfin le temps de jeu. À Côme, Da Cunha est titulaire et capitaine. À Paris, il devrait déloger l’un des quatre titulaires de Luis Enrique, au moment où il commence à compter en équipe de France. Le PSG devra le convaincre qu’il ne vient pas pour faire tourner l’effectif.

Rendez-vous vendredi face à l’Italie

Le dossier ne se jouera pas en septembre. Da Cunha peut encore renforcer sa candidature dès vendredi, contre l’Italie, puis le 11 octobre face à la Roma en Serie A. Chaque match européen de Côme servira de test grandeur nature aux observateurs parisiens. Le prix, lui, montera à chaque soirée réussie. C’est tout l’enjeu pour Paris : s’être positionné avant que le reste de l’Europe ne se réveille.

Image placeholder

Gabriel Robert, ancien footballeur professionnel, est aujourd'hui un suiveur assidu de la Ligue 1.

Laisser un commentaire