Didier Deschamps a été approché par la Fédération italienne pour diriger la Nazionale

02/10/2026

La Fédération italienne de football (FIGC) a sondé cet été l’ancien sélectionneur des Bleus pour lui confier la Squadra Azzurra. Cette piste est restée confidentielle. Elle éclaire d’un jour nouveau l’été chaotique du football italien, à trois jours d’un France-Italie au Stade de France.

De l’autre côté des Alpes, son nom circulait depuis le printemps, le plus souvent comme une hypothèse de comptoir. Il a pourtant donné lieu à une démarche concrète. D’après une source proche du dossier, la FIGC a pris contact avec Didier Deschamps pour mesurer sa disponibilité au poste de commissaire technique. La discussion n’a pas débouché. Le poste est finalement revenu à Roberto Mancini.

Un banc vide depuis la nuit de Zenica

Pour comprendre pourquoi Rome a regardé vers Deschamps, il faut revenir au 31 mars. Ce soir-là, en finale des barrages en Bosnie-Herzégovine, l’Italie de Gennaro Gattuso ouvre le score par Moise Kean. Alessandro Bastoni est exclu avant la pause, les Italiens cèdent à dix contre onze, puis s’inclinent aux tirs au but. C’est une troisième Coupe du monde manquée d’affilée pour un pays quatre fois sacré.

La chute emporte tout le monde. Gattuso rompt son contrat début avril. Gabriele Gravina, président fédéral depuis 2018, démissionne à son tour. Le 22 juin, Giovanni Malagò, ancien patron du CONI et des Jeux de Milan-Cortina, est élu à la tête de la FIGC avec 68,58 % des voix face à Giancarlo Abete. Dès le lendemain, dans La Repubblica, il prévient que le futur sélectionneur ne sera pas forcément italien. La porte est ouverte.

Un profil taillé pour l’Italie

Sur le papier, peu d’entraîneurs étrangers parlent autant au football italien. Milieu de la Juventus entre 1994 et 1999, Deschamps y a remporté la Ligue des champions en 1996 et trois Scudetti. Revenu à Turin comme entraîneur en 2006, il avait fait remonter la Vieille Dame en Serie A en une saison, au lendemain du Calciopoli.

Il n’a jamais perdu la langue. Le 14 mai, au moment de dévoiler sa liste pour le Mondial, il avait accueilli un journaliste de La Gazzetta dello Sport d’un sonore « Eccolo qua ! ». Il avait ensuite glissé en souriant : « Je me remets à l’italien, on ne sait jamais. » La boutade avait fait le tour des rédactions transalpines.

Son palmarès de sélectionneur finit de le rendre crédible :

  • le titre mondial en 2018 ;
  • les finales de l’Euro 2016 et du Mondial 2022 ;
  • la Ligue des nations 2021 ;
  • le record de victoires en Coupe du monde pour un sélectionneur, avec 19 succès.

Son aventure en bleu s’est achevée le 18 juillet à Miami. Ce jour-là, la France s’incline 6-4 face à l’Angleterre dans le match pour la troisième place. C’était son 187e et dernier match à la tête des Bleus. Depuis, il est libre. Avant le tournoi, il avait prévenu qu’il ne s’interdisait rien. Marcel Desailly, son ancien coéquipier, résumait son état d’esprit en juillet : « Je ne vois pas Didier repartir dans un travail quotidien avec un club. »

Un été de chaises musicales à Rome

La séquence qui suit l’élection de Malagò tient du feuilleton.

Le 11 juillet, Paolo Maldini est nommé directeur technique et président du Club Italia, épaulé par Leonardo comme conseiller. Le duo vise haut : il rencontre Pep Guardiola à Barcelone, qui décline. À la mi-juillet, le nom de Deschamps figure sur leur liste, sans en occuper la tête.

Maldini et Leonardo arrêtent ensuite leur choix sur Andrea Pirlo, mais Malagò bloque. Le 27 juillet, seize jours après leur nomination, les deux dirigeants démissionnent. Le lendemain, le conseil fédéral entérine le retour de Roberto Mancini, candidat du président depuis le printemps. Claudio Ranieri devient directeur technique.

Pourquoi la piste n’a pas abouti

Trois éléments de contexte pèsent dans le dossier.

  • Le calendrier. Deschamps sortait d’un Mondial éprouvant, marqué par le décès de sa mère en plein tournoi.
  • L’argent. Malagò avait publiquement évoqué l’écart entre les souhaits des candidats et la réalité des contrats. La presse italienne insistait de son côté sur les plafonds salariaux de la fédération.
  • La gouvernance. En quelques semaines, la FIGC a changé deux fois de pilote technique. Le climat se prêtait mal à convaincre un entraîneur habitué à maîtriser son environnement.

Mancini en sursis, Deschamps en réserve ?

Le « Mancini-bis » a démarré dans la douleur, avec une défaite 2-0 face à la Belgique au Stadio Olimpico le 25 septembre. L’Italie a réagi nettement trois jours plus tard à Bursa, en battant 4-1 la Turquie de Vincenzo Montella. Des débutants comme Michael Kayode et Sebastiano Esposito se sont illustrés. Vendredi, l’Italie défie au Stade de France les Bleus de Zinédine Zidane, vainqueurs de leurs deux premiers matches, dont un succès 1-0 à Bruxelles lundi.

Deschamps, lui, a laissé filer d’autres pistes. Le Real Madrid a choisi José Mourinho, et des discussions avec Al-Ahli ont achoppé début septembre. Il ne compte pas reprendre un banc avant novembre, voire la fin de la saison. Il entend étudier les projets sans s’accorder une longue coupure.

En Italie, la stabilité d’un sélectionneur tient souvent à un résultat. Mancini le sait mieux que personne, lui qui avait quitté la Nazionale en 2023 pour l’Arabie saoudite. Si la reconstruction venait à caler, la FIGC saurait désormais à quelle porte frapper. Elle l’a déjà fait.

Les dates clés

  • 31 mars 2026 : l’Italie est éliminée par la Bosnie-Herzégovine à Zenica et manque un troisième Mondial.
  • Début avril : Gennaro Gattuso quitte son poste.
  • 22 juin : Giovanni Malagò est élu président de la FIGC.
  • 11 juillet : Paolo Maldini devient directeur technique, Leonardo conseiller.
  • 18 juillet : Deschamps dispute son dernier match avec les Bleus (France-Angleterre, 4-6).
  • 27 juillet : Maldini et Leonardo démissionnent après le refus de Pirlo.
  • 28 juillet : Roberto Mancini est nommé sélectionneur, Claudio Ranieri directeur technique.
  • 2 octobre : France-Italie au Stade de France, en Ligue des nations.
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Gabriel Robert, ancien footballeur professionnel, est aujourd'hui un suiveur assidu de la Ligue 1.

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