Légende des Hawks, champion NBA en 1958 et premier joueur à franchir la barre des 20 000 points, Bob Pettit est décédé mercredi près de Baton Rouge, sa ville natale, en Louisiane. Il n’avait découvert le basket qu’à l’âge de 16 ans.
Lorsque Bob Pettit a fait rebondir son premier ballon, la NBA restait une ligue confidentielle aux États-Unis. Elle ne comptait que huit équipes, toutes éloignées des grandes métropoles. Le jeune Louisianais ne s’est mis au basket qu’à 16 ans, dans une discipline si méconnue qu’il se jugeait alors trop grand et trop atypique pour y réussir.
Il n’a reçu aucun encadrement pendant son enfance. Son tir, il l’a construit seul, le soir, dans le jardin de ses parents, éclairé par une lampe posée à la fenêtre de sa chambre. Recalé par ses premières équipes au lycée, il s’est révélé à l’université, à LSU. Sa moyenne de 27,4 points par match y demeure la troisième meilleure de l’histoire.
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Premier MVP de la NBA dès sa deuxième saison
Sélectionné en deuxième position de la draft 1954, Pettit est élu rookie de l’année dès sa première campagne. En 1956, à 22 ans, il devient le premier MVP de l’histoire de la ligue. Il remportera ce trophée une seconde fois et disputera le All-Star Game lors de chacune de ses onze saisons professionnelles.
Avec ses 2,06 m et 93 kg, il a inventé le poste d’ailier fort avant même que le terme existe, grâce à un tir précis et à un acharnement constant au rebond. Il a été le premier joueur de la NBA à dépasser les 20 000 points en carrière. Son nom figure sur la courte liste de ceux qui ont occupé le trône des meilleurs marqueurs de la ligue en huit décennies, aux côtés de Joe Fulks, George Mikan, Ed Macauley, Dolph Schayes, Wilt Chamberlain, Kareem Abdul-Jabbar et LeBron James.
Finales NBA 1958 : 50 points pour faire tomber les Celtics de Bill Russell
Le sommet de sa carrière reste le sixième match des Finales 1958. Ce soir-là, Pettit inscrit 50 points et offre aux Hawks, alors basés à St. Louis, dans le Missouri, le seul titre NBA de leur histoire. Face à eux, les Boston Celtics de Bill Russell, qui n’ont laissé échapper que ce trophée entre 1957 et 1966.
Pettit est d’ailleurs le seul adversaire à avoir battu Russell en douze apparitions en Finales. Le rapport de force a toutefois souvent penché du côté de Boston : les Hawks se sont inclinés à quatre reprises contre les Celtics de cette époque, dont deux fois au terme d’un septième match.
« C’était l’un des compétiteurs les plus féroces que j’aie connus. Il savait ce qu’il faisait et, aussi bon qu’il fût, il l’était encore davantage sous la pression. Il a fait entrer la notion de “second effort” dans le vocabulaire sportif. Il revenait toujours à la charge », disait de lui Bill Russell.
Oscar Robertson, autre figure de cette génération, le décrivait comme « l’un des ailiers forts les plus intelligents et les plus grands de l’histoire du basket ».
Le rebond et la musculation, marques de fabrique d’un pionnier
Malgré ses performances offensives, Pettit tirait davantage de fierté de son engagement et de son travail au rebond. « Je jouais aussi dur que possible chaque minute passée sur le terrain. Je ne soufflais jamais. Chaque fois qu’un coéquipier tirait, j’allais chercher le ballon. Pas une ou deux fois, à chaque fois. À la longue, ça a payé. Mon jeu consistait à me battre et à pousser sous le panier pour prendre des rebonds », racontait-il après sa retraite.
Il a aussi été l’un des premiers basketteurs à faire de la préparation physique une priorité, en intégrant la musculation et l’entraînement individuel à sa routine bien avant que ces pratiques ne se généralisent.
Pettit a quitté les parquets avec des moyennes de 26,4 points et 16,2 rebonds en près de 800 matchs. Des décennies plus tard, il reste le dixième meilleur marqueur et le troisième meilleur rebondeur de l’histoire de la NBA en moyenne par match.
Les hommages de la NBA, des Hawks et du Hall of Fame
« La famille NBA pleure la disparition de Bob Pettit, membre du Hall of Fame, double MVP et membre des quatre équipes anniversaires de la ligue », a réagi la NBA dans un communiqué. Les Atlanta Hawks, qui ont retiré son numéro 9, ont salué « son éthique de travail inébranlable, son esprit de compétition et son engagement envers le basket », qui ont selon eux « contribué à façonner l’identité » de la franchise. Le Naismith Memorial Basketball Hall of Fame a rendu hommage à « l’un des premiers intérieurs à jouer face au panier », qui a révolutionné le poste d’ailier.
Mort mercredi, Bob Pettit n’a vu son décès annoncé que jeudi après-midi par son ancienne université, qui n’a donné aucune précision sur les causes. À LSU, sa statue de bronze se dresse dans le Pete Maravich Assembly Center, à côté de celle de Shaquille O’Neal.